1 million de bénéficiaires des « Restos du coeur » ? Les banques alimentaires battent leurs records avec la pandémie…

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Explosion de la pauvreté, bénévoles fragiles face au Covid-19, dons incertains : la crise sanitaire et économique a mis sous tension les associations d’aide alimentaire, qui accompagnent 5 millions de personnes en France.

Plus 10 % d’inscrits pour la campagne d’hiver des Restos du cœur, de 10 à 15 % d’ayants droit en plus à la Croix Rouge, entre 20 et 25 % de nouveaux bénéficiaires pour la Fédération des banques alimentaires… la crise économique a fait exploser les compteurs des associations d’aide alimentaire.

« Tout a basculé ces derniers temps, on est en flux tendu mais pour l’instant on arrive à y faire face », se rassure Valérie Bettinger, responsable de l’aide alimentaire à la Croix Rouge, en charge de 386 000 ayants droit sur toute la France, via les centres de distribution, les épiceries sociales et les dispositifs itinérants.



Aides de l’Etat, augmentation du fonds européen, générosité des donateurs au rendez-vous… les ressources se sont multipliées pour permettre aux associations de faire face à l’accroissement de la demande. Mais les stocks ne sont pas infinis.

« Il faut qu’on reconstitue nos stocks »
« En parallèle de la hausse des bénéficiaires, nos stocks ont baissé en volume de 22 % », détaille Claude Baland, président de la Fédération des banques alimentaires qui irrigue 5 400 associations dans toute la France en denrées alimentaires, et 400 de plus depuis le premier confinement.

« Il faut qu’on reconstitue nos stocks pour qu’on puisse affronter une hausse des ayants droit.

Donc il faut qu’on réussisse la grande collecte » du 27 au 29 novembre, ajoute-t-il.

Pour la première fois cette année, l’association a lancé une plateforme en ligne, monpaniersolidaire.org, anticipant la faible fréquentation des supermarchés. « Pour être franc, on ne sait pas ce que ça va donner.

On espère qu’internet va nous sauver », confie Claude Baland.

« Le juge de paix c’est le 31 décembre parce que l’essentiel des dons se fait entre fin novembre et fin décembre », abonde Patrice Blanc, président des Restos du cœur qui lancent ce mardi leur campagne d’hiver et s’attendent à accueillir un million de bénéficiaires, contre 875 000 personnes l’année dernière.

La pandémie amène de nouveaux bénéficiaires
La crise sanitaire et ses conséquences économiques et sociales ont amené des nouveaux bénéficiaires : « Depuis le confinement, on a vu venir les gens qui n’ont plus rien parce qu’ils ont perdu leurs petits boulots », décrit Josiane Le Blond, responsable du centre d’Argenteuil, qui a accueilli 1 500 familles l’année dernière et a enregistré 400 nouvelles inscriptions.

Côté Restos du cœur, « Je pense que cette année on dépassera le million de personnes », estime Patrice Blanc.

Pour l’heure, l’association chiffre la hausse des inscriptions pour la campagne d’hiver à +10 %, les situations étant « variables selon les départements », avec une explosion de la demande en Seine-Saint-Denis (+45 %) et à Paris (30 %), selon son président.

Lancement auj. de la 36e campagne des Restos dans un contexte de grave crise sanitaire et sociale. Les bénévoles de L’association alerte sur la situation des jeunes, de plus en plus nombreux à frapper à leurs portes : avec la disparition des petits boulots qui a plongé des étudiants dans la précarité, ils représentent « une source d’inquiétude encore plus particulière » pour Patrice Blanc.

Les moins de 25 ans représentent déjà près de la moitié des bénéficiaires, les mineurs, 40 %.

Parmi les bénéficiaires de plus de 16 ans, 36 % sont en recherche d’emploi, 12 % perçoivent une retraite, 6 % ont un emploi et 6 % sont étudiants.

« Nous constatons qu’il y a de plus en plus d’étudiants parmi les bénéficiaires. Les villes universitaires comme Toulouse, Caen, Lille ou Grenoble ont notamment eu massivement recours à notre aide.

Nous observons aussi un afflux de familles nombreuses, qui ont vu leur budget alimentation déstabilisé sans l’aide de la cantine », confiait Claude Baland en septembre à « l’Obs ».

« La crise financière de 2008 s’était traduite par une augmentation en deux ans de 25 % de personnes en plus ayant recours à l’aide alimentaire.

Nous devons nous préparer à la montée d’une vague d’une ampleur au moins équivalente », alerte Patrice Blanc.

Pour les Restos du cœur, « l’enjeu majeur de cette 36e campagne est de continuer à faire face. Dans l’urgence mais aussi sur le long terme ».

Repenser et diversifier le bénévolat
Ces derniers mois, les associations ont été chamboulées par ce nouveau contexte et elles ont dû composer avec une réduction de leurs effectifs.



Une partie des bénévoles, en majorité des personnes âgées, plus fragiles face au Covid-19, se sont retirés de l’activité.

Sur les 79 banques alimentaires en France, neuf ont préféré reporter la grande collecte après les vacances de février 2021, « du fait de la non-participation légitime de bénévoles ».

Lors du premier confinement, de nouveaux bénévoles sont apparus, notamment des étudiants et des personnes en chômage partiel.

« L’appel à un bénévolat nouveau a été facilité pendant le premier confinement par le fait que quasi toute l’activité économique avait cessé », explique Patrice Blanc.

Mais pour la suite, une réflexion sur la diversification du bénévolat s’amorce.

« On essaie de rajeunir nos bénévoles sans renier les bénévoles actuels », concède Claude Baland.

D’autant plus que tout le monde anticipe une longue crise sociale. « On anticipe des conséquences pires que celle de la crise de 2008 », s’inquiète Patrice Blanc.

Pour Valérie Bettinger de la Croix Rouge, « il faut qu’on anticipe et accompagne ces publics dans les mois à venir, sur le plan de l’aide alimentaire mais aussi psychologique » car « la crise va augmenter le besoin d’écoute ».

Avant la crise du Covid, fin 2019, quelque 9,3 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en France, selon l’Insee, et près de 5 millions avaient recours à l’aide alimentaire.

Pour certaines associations, la crise va plonger un million de personnes supplémentaires dans la pauvreté.



Source : msn.com
Crédit photo : Capture d’écran

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