Sortie du grand débat: les Français plutôt d’accord avec Macron…

Sortie du grand débat: les Français plutôt d’accord avec Macron…

SONDAGE – Selon l’enquête Odoxa-Dentsu Consulting, les mesures prévues par l’Élysée (impôts, écoles, hôpitaux, RIC local) sont appréciées. D’autres, comme la suppression de l’ENA, beaucoup moins.

La perspective de l’acte XXIII des «gilets jaunes» inquiète les services de police. Les forces de l’ordre craignent que la mobilisation du samedi 20 avril ne se traduise par un regain d’activisme et l’arrivée de black blocs venus de toute l’Europe pour une journée d’actions violentes, baptisée «Ultimatum 2» sur les réseaux sociaux. Si les plus radicaux ne désarment pas, les Français, eux, restent à distance du mouvement. Ils sont 54 % à considérer qu’une trêve s’impose, dans le contexte de l’incendie de Notre-Dame et de l’ambiance d’unité nationale. C’est ce qui ressort de notre enquête Odoxa-Dentsu Consulting pour Franceinfo etLe Figaro. Un sentiment majoritairement partagé chez les sympathisants socialistes, LREM et chez Les Républicains. À l’inverse, près de 7 sympathisants sur 10 de La France insoumise et du Rassemblement national appellent à une poursuite des actions, ce week-end. Mais ils représentent, donc, une minorité.

L’analyse des réseaux sociaux donne une idée de l’onde de choc mondiale créée par les flammes qui ont embrasé Notre-Dame. Les messages d’amitié et de solidarité ont afflué de toute la planète: 5 millions de messages entre le 15 et le 17 avril sont partis des États-Unis, 447.000 du Brésil, 94.000 d’Inde, 68.000 de Russie, etc.

Dans ce contexte d’émotion internationale, les Français semblent trouver justifié le report de l’allocution présidentielle qui devait avoir lieu, mardi soir – 61 % des sondés disent comprendre cette décision d’Emmanuel Macron. Ils semblent aussi en phase avec les annonces que le président s’apprêtait à dévoiler. C’est ce qui apparaît quand l’institut Odoxa sonde les Français sur ce qu’ils pensent des différentes mesures prévues et qui ont largement fuité dans la presse.

La baisse de l’impôt sur le revenu pour les premières tranches (77 %), la réindexation sur l’inflation des retraites jusqu’à 2000 euros (77 %), la suspension de la fermeture des écoles et des hôpitaux d’ici à la fin du quinquennat (74 %) et l’instauration d’un RIC uniquement pour des sujets locaux et d’un référendum d’initiative partagée assoupli (59 %) sont considérés comme des propositions répondant aux attentes du grand débat.

En revanche, la suppression de l’ENA ne convainc pas: 37 % des Français ne voient pas en quoi la fermeture symbolique de l’école qui produit la haute fonction publique française répondrait au malaise soulevé par les «gilets jaunes». Idem pour le maintien de la suppression de l’ISF: 76 % des personnes interrogées ne sont pas convaincues par cette piste. Même la moitié des sympathisants macronistes reconnaît que cette proposition est décalée par rapport aux conclusions de la grande consultation…

Les inquiétudes sont également nombreuses en ce qui concerne les pistes d’économies possibles. Emmanuel Macron s’apprêtait, selon les fuites, à enclencher une réduction du temps de travail pour financer les baisses d’impôts, mais sans préciser les modalités de cette décision. Mais les cas de figure possible sont connus.

Selon notre enquête, 78 % des sondés sont opposés à la suppression d’un ou de deux jours fériés ; 70 % disent non au report de l’âge légal de départ à la retraite.

En revanche, la baisse de la durée hebdomadaire du travail, les fameuses trente-cinq heures, reste un sujet qui divise. Les sympathisants LR (76 %), LREM (62 %) et RN (52 %) sont pour. Ceux du PS (40 %) et de La France insoumise (39 %) sont contre. Un sujet qui n’en finit pas de cliver depuis vingt ans.

 

Source : https://amp.lefigaro.fr

Crédit photo : capture d’écran