Vincent Lambert: ses parents demandent son transfert dans une unité spécialisée

Vincent Lambert: ses parents demandent son transfert dans une unité spécialisée…

Ce mardi 21 mai, les avocats des parents ont pu constater la reprise de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert à la suite de la décision de la cour d’appel de Paris. Les parents du tétraplégique demandent désormais que leur fils soit transféré dans une unité spécialisée.

C’est à la stupeur générale, et alors que la sédation de Vincent Lambert avait débuté lundi matin, que la cour d’appel de Paris a ordonné le soir même la reprise provisoire des soins de ce tétraplégique en état pauci-relationnel – en état de conscience minimal – depuis dix ans. Un feuilleton judiciaire qui n’en finit pas, cristallisant des oppositions depuis 2013. La mère de Vincent Lambert, Viviane, a salué auprès de l’AFP «une très grande victoire», tandis que son neveu François, favorable à l’arrêt des traitements, a dénoncé du «sadisme pur». Le Vatican a aussi réagi mardi à cette décision et réclamé dans un communiqué «des solutions efficaces pour protéger la vie» de Vincent Lambert.

D’après une information confirmée par les avocats des parents de Vincent Lambert, l’alimentation et l’hydratation ont bien repris dans la matinée de ce mardi. La sédation a donc été interrompue. «Nous avons avons le plaisir de vous annoncer que le Dr Sanchez et le CHU ont remis en place l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert et ont arrêté sa sédation continue», s’est félicité Me Jean Paillot devant la presse à la sortie de l’hôpital Sébastopol de Reims.

Demande de transfert

«Ce n’est pas un sursis, c’est un nouveau départ. Le combat, à partir d’aujourd’hui, c’est le transfert de Vincent dans une unité spécialisée où il sera pris en charge de manière bienveillante par des spécialistes et non plus par ce CHU qui n’a fait de lui qu’un mort en sursis», a également déclaré l’autre avocat des parents, Me Jérôme Triomphe, reprenant une position maintes fois affirmée.

La mère de Vincent, Viviane Lambert, s’était exprimée dans le même sens plus tôt dans la matinée en arrivant au CHU: «Vincent va bien. Nous demandons qu’il sorte de cet hôpital. Vincent n’est pas en fin de vie. Regardez les vidéos. Tout se passe dans le regard. Vincent n’a besoin que de boire, manger et d’amour.»

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Une «décision provisoire» de six mois

La cour d’appel de Paris a «ordonné à l’État français (…) de prendre toutes mesures aux fins de faire respecter les mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées (CIDPH) le 3 mai 2019 tendant au maintien de l’alimentation et l’hydratation» de Vincent Lambert, selon la décision consultée par l’AFP.

Le CIDPH de l’ONU avait en effet demandé le 3 mai dernier à ce que la France suspende toute décision d’arrêt des soins de Vincent Lambert dans l’attente d’une instruction sur le fond. Il précisait alors que la France avait un délai de six mois pour lui fournir ses observations. Le 5 mai, la ministre de la Santé Agnès Buzyn avait expliqué que la France répondrait mais qu’elle n’était pas tenue «légalement» par ce comité. «Les parents de Vincent Lambert se sont retournés vers ce comité qui s’occupe des personnes handicapées, et non des personnes en état végétatif comme Vincent Lambert», et cet organisme a demandé de surseoir à un arrêt des soins «parce qu’ils n’ont que la version des parents», avait estimé Agnès Buzyn sur BFMTV. Les avocats des parents s’étaient pour leur part félicités de ce positionnement, considérant que ces mesures provisoires sont «juridiquement contraignantes».

Cette décision de la cour d’appel de Paris est une «décision provisoire» d’une «durée de six mois, permettant au comité de l’ONU d’étudier le dossier», précise Me Jean Paillot. Face à cette décision «incroyable» de la cour d’appel, François Lambert a évoqué auprès de l’AFP un possible pourvoi en cassation du CHRU de Reims. Ce dernier avait déjà lancé puis stoppé deux procédures d’arrêt des soins, l’une portée par le docteur Eric Kariger en 2013, l’autre par son successeur, le docteur Daniéla Simon en 2015.

Jusqu’à présent, tous les ultimes recours déposés par les avocats des parents, comme celui déposé devant la Cour européenne des droits de l’Homme, ont échoué. Le président Emmanuel Macron, à qui ils avaient écrit samedi pour l’implorer d’intervenir, a répondu lundi qu’il ne lui «appartenait pas de suspendre» l’arrêt des traitements, décidé «en conformité avec nos lois».

 

Source : https://amp.lefigaro.fr

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