Ségolène Royal offre un satisfecit écolo au chef de l’État mais restera muette

Ségolène Royal offre un satisfecit écolo au chef de l’État mais restera muette…

L’ancienne ministre de l’Environnement ne devrait pas s’exprimer explicitement en faveur de la liste de la République en marche mais elle loue en privé les propositions du chef de l’État.

C’est un soutien a minima, mais un soutien quand même. Selon nos informations, Ségolène Royal adoube les propositions pour l’écologie et l’Europe formulées par Emmanuel Macron. Toutefois, l’ancienne ministre ne souhaite pas s’exprimer dans le cadre d’une interview à quelques jours des élections européennes, comme cela avait été évoqué dans différentes indiscrétions parues dans la presse. Ségolène Royal ne participera pas non plus à une réunion publique de Nathalie Loiseau, la tête de liste de la majorité.

En privé, elle juge que son satisfecit suffit à envoyer un signal aux électeurs hésitants, sans avoir à donner une consigne de vote explicite en faveur de La République en marche.

Si elle a décidé de franchir le Rubicon, c’est, dit-elle, grâce à la tribune sur l’Europe qu’Emmanuel Macron a publié début mars. Dans ce texte, le chef de l’État évoque plusieurs propositions pour lutter contre le réchauffement climatique, comme la création d’une banque européenne du climat. Une idée que salue aujourd’hui l’ambassadrice chargée des pôles. Surtout, elle estime que seul le président de la République est en mesure de lancer des initiatives impactantes au niveau européen, en négociant avec les autres chefs de gouvernement.

L’ex-ministre de l’Environnement évoque également l’implication dans le débat français de l’ex-conseiller de Donald Trump, Steve Bannon – qui soutient Marine Le Pen – et la nécessité de faire bloc contre lui ; de la recomposition politique qui se poursuit, de sa bienveillance à l’égard d’Emmanuel Macron, qu’elle conseillait déjà lors du quinquennat précédent.

Depuis que courait la rumeur de son ralliement à la liste de La République en marche, elle a observé les commentaires agacés de ses anciens camarades socialistes, ou encore de l’écologiste Yannick Jadot, qui n’ont pas manqué d’éreinter ce revirement. «Ses convictions écologiques s’arrêtent là où commencent ses ambitions personnelles», a ainsi lâché l’écologiste sur Franceinfo. L’ex-candidate à l’élection présidentielle écarte les railleries d’un revers de la main en rappelant qu’elle avait d’abord proposé au chef de file d’EELV de mener une liste de rassemblement, qui a refusé.

La désertion de Ségolène Royal au PS – dont elle n’est plus à jour de cotisation – ne manquera toutefois pas d’étonner certains socialistes. À l’automne dernier elle avait durement critiqué l’action du chef de l’État, l’accusant de «semer le désordre».

Lors d’un meeting dimanche à Paris, le premier secrétaire du PS Olivier Faure n’a pas directement évoqué Ségolène Royal, mais a fustigé le comité de soutien de Nathalie Loiseau, qualifié de «brocante». «Tout l’ancien monde est à son chevet…», a-t-il soupiré. Ajoutant sous les applaudissements de la salle: «Je suis fier de celles et ceux qui sont restés au Parti socialiste et qui n’ont jamais lâché.» Forcément, des responsables politiques de gauche imaginent que l’ancienne ministre a passé un deal avec Emmanuel Macron. Un poste européen? Une entrée au gouvernement après les élections? Ségolène Royal jure que non…

 

Source : https://amp.lefigaro.fr

Credit photo : capture d’écran