Marlène Schiappa sapiosexuelle? Quand l’attirance sexuelle dépend de l’intelligence

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Des débuts d’Internet aux applications de rencontres, la sapiosexualité ou l’attirance pour l’intelligence est révélateur de notre vision de la sexualité.

Outre le fulgurant parcours politique de Marlène Schiappa, sa maîtrise parfaite de la communication, la journaliste du JDD, Sylvie Bommel, raconte aussi les livres que la secrétaire d’État a publiés par le passé. “Elle se lance dans l’écriture avec des manuels de développement personnel (“J’aime ma famille!” ou “Osez l’amour des rondes”), puis un roman (“Pas plus de quatre heures de sommeil”) dans lequel une certaine Morgane fantasme sur Alain Juppé “le mec le plus sexy de France”. Quand je demande à l’auteure, écrit la journaliste du JDD, si elle partage l’avis de son héroïne, elle me confirme qu’elle est sapiosexuelle.”

Difficile d’affirmer que la secrétaire d’État se définit de la sorte, car il ne s’agit pas d’une citation attribuée à Marlène Schiappa. L’emploi du terme, relativement peu connu du grand public, mérite cependant de s’y attarder, car il recouvre un pan de la sexualité bien plus courant qu’on ne le pense. Une personne sapiosexuelle (contraction du mot latin sapiens et de sexualité) met en avant l’intelligence comme premier critère pour choisir ses partenaires sexuels.

“Les discussions philosophiques sont des préliminaires”

Un homme s’attribue le mérite d’avoir inventé ce terme, un certain “Wolfieboy” qui sur son blog en 2002 assure que ce mot lui est venu alors qu’il “manquait de sommeil sur la route pour San Francisco à l’été 1998″. À l’époque, il cherche encore à définir le plus précisément possible ce terme.

“Je ne m’intéresse pas trop à la plomberie, écrit Wolfieboy quand on lui demande quelle est son orientation sexuelle. Je recherche un esprit incisif, curieux, perspicace, irrévérencieux. Je recherche une personne pour laquelle les discussions philosophiques sont des préliminaires.” Les personnes qui se définissent ainsi ne se contentent pas pour autant de joutes verbales.

Adrien, sapiosexuel de 35 ans interrogé par Madame Figaro, admet que “l’émulation verbale peut être un préliminaire, et s’avère très érogène, mais la curiosité intellectuelle est aussi un levier pour expérimenter d’autres choses sous la couette.”

Les applications reconnaissent les sapiosexuels

C’est surtout à partir de 2014 que ce mot fait parler de lui. OkCupid, un site de rencontres, choisit alors de le faire figurer dans leur liste d’orientations sexuelles. Sapiosexuel fait son entrée, en même temps qu’asexuel ou queer. Les concurrents de ce site lui emboîtent rapidement le pas. En 2017, une application américaine s’est même lancée sur ce seul créneau: Sapio.

L’appétence des sites de rencontres pour ce mot est intéressante car elle explique aussi son succès. Ces applications ont un but: s’assurer que leurs membres font des rencontres intéressantes. Pour mettre toutes les chances de leur côté, elles ont progressivement adopté les nouvelles identités sexuelles en devançant même leur popularité. De ce fait, elles n’existent plus seulement par les personnes qui se définissent ainsi, mais elles sont aussi reconnues par une structure qui va au-delà de l’individu.

Les sapiosexuels sont “au mieux naïfs, au pire prétentieux”

Si le terme “sapiosexuel” connaît une petite notoriété, il est aussi sujet à beaucoup de critiques. Ceux qui se définissent comme sapiosexuels sont ainsi souvent taxés d’élitistes, de snobs, accusés de faire du racisme de classe. Pour leurs détracteurs, les sapiosexuels sont “au mieux naïfs, au pire prétentieux” pour croire qu’ils peuvent réussir à détecter l’intelligence chez l’autre. Si tel est le cas, ils s’appuient forcément sur des éléments, comme le salaire ou le niveau d’études, qui ne prennent pas en compte toute la complexité et la diversité de l’intelligence humaine. “Tu n’es pas attiré par l’intelligence, tu rejettes la déficience”, s’agace un utilisateur de Tumblr.

En 2018, des chercheurs de l’Université de Western Australie ont voulu savoir s’il existait un profil type chez les sapiosexuels. En s’intéressant à 383 étudiants âgés de 18 à 35 ans, ils ont pu montrer que les personnes qui se disaient attirées en premier lieu par l’intelligence n’avaient pas forcément un QI très élevé. Selon les chercheurs, environ 8% de la population pourrait être sapiosexuel. Les femmes seraient un peu plus nombreuses dans ce cas-là.

Après la publication de cette étude, deux psychiatres se sont interrogés sur la façon dont ces personnes pouvaient détecter l’intelligence chez l’autre. Cela passe par plusieurs indicateurs. C’est pourquoi, selon eux, des femmes en particulier, mettent en avant dans leur profil sur les applications de rencontres le fait qu’elles ont de l’humour et qu’elles recherchent la pareille.

Source : https://www.huffingtonpost.fr

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