Mon bébé ne dort pas la nuit, que faire?…

Dodo bébé, dodo bébé, dodo bébé...
Mon bébé ne dort pas la nuit, que faire?…

 

Vous avez fait huit fois le tour du pâté de maisons en poussette mais il ne dort toujours pas. Votre bébé refuse de s’abandonner à Morphée quand il ne se réveille pas plusieurs fois par nuit.

Voici quelques pistes pour apaiser le sommeil de votre enfant.

Votre enfant dormait paisiblement alors qu’il n’avait que quelques mois et voilà que, patatras, il refuse catégoriquement de s’endormir et se (vous) réveille la nuit en hurlant. Il reste même parfois plusieurs heures éveillé et semble inconsolable.

Pourtant, il faut qu’il dorme, il en va de votre santé mentale.

On dit qu’un bébé fait ses nuits lorsqu’il dort au minimum cinq ou six heures d’affilée. Avant 6 mois, il ne s’agit pas à proprement parler de trouble du sommeil mais de trouble du rythme veille-sommeil. Autour de cet âge-là, le nouveau-né intègre progressivement le rythme circadien de 24 heures.

Mais nombreux sont les parents à avoir les plus grandes difficultés à plonger leur enfant dans les bras de Morphée.

Les professionnels de la petite enfance sont unanimes: le premier réflexe est de favoriser une atmosphère favorable au sommeil. Température entre 18 et 19°, chambre sécurisée, lit adapté à la taille de l’enfant et environnement calme. Rien dans son lit, pas de mobile au dessus de sa tête qui deviendraient des invitations à jouer.

Pour la pédopsychiatre Agnès Pargade, le mode de vie actuel a une part de responsabilité.

« Depuis une quinzaine d’années, je vois de plus en plus d’enfants qui ont des difficultés avec le sommeil, confie-t-elle à BFMTV.com.



Je remarque que parfois, ils sont trop stimulés par le bruit, la lumière ou une journée trop remplie. »

Aude Becquart, consultante en puériculture et parentalité, est du même avis. Selon cette professionnelle, les difficultés de sommeil sont parfois le résultat de rythmes de vie insuffisamment adaptés aux enfants.

Comme des siestes trop longues ou trop tardives dans l’après-midi et des couchers du soir qui pourraient avoir lieu bien plus tôt.

Lorsque je demande aux parents si les enfants manifestent des signes de fatigue, ils me disent que non, que le soir ils sont en pleine forme, font les fous, courent dans tous les sens, indique-t-elle à BFMTV.com. Or, ce sont justement des signes de fatigue.

Et cela fait rater le train du sommeil. Ce sont aux parents de se mettre à l’heure des enfants, pas l’inverse.

Certains bébés ne s’endorment qu’au sein, d’autres dans les bras ou encore bercés dans la poussette. Pour Aude Becquart, également auteure de La Méthode chrono-dodo: aider votre enfant à bien dormir, l’enjeu est d’apprendre à l’enfant à s’endormir seul.

Les parents pensent souvent bien faire mais font parfois des choix contre-productifs et mettent le pied dans un cercle vicieux.



Pour un enfant qui serait systématiquement bercé dans les bras, cela pourrait au contraire lui laisser penser qu’il y a un réel danger puisque qu’il est sans cesse rassuré.
La clé, poursuit Aude Becquart: mettre en place un rituel du coucher et s’y tenir.

« Le rituel du coucher est là pour préparer à la séparation et à l’endormissement, à aucun moment il n’est là pour endormir ou assoupir l’enfant. »

C’est un moment calme dans la chambre – en dehors du lit pour un enfant qui dort dans un lit à barreaux- une histoire, une berceuse, un câlin « qui ne doit pas durer des heures », précise-t-elle.

Faut-il prendre dans ses bras un bébé qui se réveille en pleurant? Le bercer? Le coucher dans le lit parental? Pour Caroline Decré, consultante en troubles du sommeil du bébé et de l’enfant, le risque est de créer un conditionnement.

Les parents font ce qu’ils peuvent et sont en mode survie, fait-elle valoir.

Mais souvent, ces stratégies d’accompagnement au sommeil s’accumulent en une escalade de stratégies: le bercement ne suffit plus et ils continuent de s’épuiser.
Autre exemple pour un enfant qui aurait besoin du biberon pour s’endormir: il risquerait de redemander le biberon à chaque réveil entre deux cycles de sommeil.

Pour un bébé qui se réveillerait dans la nuit en pleurant, Caroline Decré recommande d’aller lui parler, le rassurer.



Pour le parent, c’est accompagner ses pleurs en s’asseyant à côté de lui dans le noir. Mais pas question de laisser la lumière allumée – sauf une veilleuse à partir de 2-3 ans.

« Un petit a besoin de maternage, ajoute-t-elle.

Mais on peut réussir à le déconditionner par étape. Entre laisser pleurer et se coller à lui, il y a une marge. »

On a longtemps considéré qu’un bébé avait besoin de pleurer plusieurs heures par jour, que c’était normal et que cela lui faisait les poumons. La méthode « 5-10-15 » dite de l’attente progressive est d’ailleurs toujours en vogue.

Pour la psychanalyste Lyliane Nemet-Pier, c’est au cas par cas.

« Tout dépend de l’âge, remarque-t-elle pour BFMTV.com. Certains bébés ont besoin de pleurer pour évacuer les tensions.

 » Mais pour certains professionnels, comme Caroline Decré, on ne laisse pas un enfant pleurer dans son lit.

L’idée, c’est qu’il se sente en sécurité. Le sommeil, c’est une histoire de confiance et de lâcher prise. Or, laisser pleurer un enfant ne le sécurise pas. Il est très important de répondre aux pleurs de détresse.

La psychologue Karine Weber est du même avis.



« Un enfant qui ne dort pas ne fait pas un caprice, indique-t-elle à BFMTV.com.

Il ne fait pas exprès de ne pas dormir. » Pas question pour cette professionnelle de laisser pleurer un enfant plus de cinq minutes, au risque de créer un sentiment d’abandon.

Les parents sont souvent démunis face aux problèmes de sommeil et ont l’impression de ne pas réussir à trouver de solution.

Ils sont fatigués et doivent tenir une journée de travail après une nuit de pleurs.

Mais la première chose, c’est de désacraliser le sommeil et d’y mettre moins d’enjeu. »

Selon Karine Weber, le langage employé, même auprès des tout-petits, n’est pas à négliger.

Elle recommande par exemple de remplacer l’injonction « il faut dormir » par « et si doudou avait envie de se reposer? » « Il faut essayer de prendre du recul car les enfants se conditionnent par rapport à leurs parents.

S’ils sentent une pression, une angoisse notamment sur le sommeil, cela rejaillira. »

Car il n’est plus à prouver que les bébés sont des éponges et ressentent tout.

Un décès, un divorce, des tensions dans le couple: difficile d’échapper aux soucis du quotidien.



Et pour un enfant, les non-dits peuvent être source d’inquiétude et donc troubler son sommeil.

C’est pour cela qu’Aude Becquart recommande de parler et d’expliquer les choses à l’enfant.

« On peut tout à fait lui dire ‘je suis fatigué ou stressé en ce moment, j’ai des soucis au travail, c’est une période difficile mais ce n’est pas de ta faute et tu peux dormir sereinement’. »

Parfois, la consultation chez une psychanalyste s’avère miraculeuse. Lyliane Nemet-Pier, également auteure de Cet enfant qui ne dort pas: pour en finir avec les nuits sans sommeil, a vu défiler de nombreux parents.

Bien souvent, une seule séance suffit pour que les nuits s’apaisent.

« Le fait de parler de l’histoire familiale, du moment où le bébé a été conçu, de la grossesse permet à l’enfant de trouver sa place dans la famille.

Il entend des choses qui n’ont pas été dites, quelquefois douloureuses, mais cela le décharge du lourd fardeau. Cela peut aussi induire des changements de comportement de la part des parents.

Parfois, c’est magique et l’enfant se couche sans problème le soir même.

Adieu aux réveils toutes les heures

Certains se sont tournés vers des voies moins conventionnelles. Après des consultations sans succès chez le pédiatre, l’ostéopathe et le psychologue, Julie a découvert l’acupression.



Variante de l’acupuncture mais sans aiguille, cette technique issue de la médecine traditionnelle chinoise propose de stimuler certains points énergétiques sur l’ensemble du corps par simples pressions des doigts.

Une seule séance a suffi à sa fille pour retrouver des nuits paisibles.
« Le pire, ce ne sont pas les réveils toutes les heures, témoigne pour BFMTV.com cette mère de famille de deux enfants.

Le pire, ce sont les trois heures au milieu de la nuit que l’on passait à essayer de rendormir un bébé hurlant.
Car entre l’âge de 4 et 9 mois, sa fille avait des nuits chaotiques. « On se sent désarmé, on doute, on se pose des questions, on panique et c’est difficile aussi pour le couple.

 » Mais depuis cette séance, sa fille qui a aujourd’hui plus d’un an dort bel et bien comme un bébé.

 

Source : https://www.msn.com

Crédit photo : capture d’écran : https://www.msn.com/fr-fr

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