Comment la movie money, contrefaçon grossière de billets, se répand en France…


Comment la movie money, contrefaçon grossière de billets, se répand en France….

Depuis le printemps, 12 000 exemplaires de billets factices, surnommés « movie money », ont été interceptés un peu partout en France.



Des contrefaçons grossières, achetées une bouchée de pain sur les sites d’e-commerce, mais dont la circulation ne cesse de s’étendre.

De loin, on pourrait s’y méprendre : même taille, même couleur que des billets en euros… Pourtant, ces faux billets qui circulent par milliers en France depuis quelques mois ne sont que de grossières contrefaçons ».

« Il y a beaucoup de différences : au toucher, il n’y a aucun relief, et les bandes holographiques sont plus sombres que les originales.

Surtout, il y a des inscriptions « This is not legal » [« Ceci n’est pas légal », NdlR] sur les deux faces », précise Éric Bertrand, le patron de l’Office central pour la répression du faux monnayage (OCRFM).

La France, épicentre de l’arnaque
Le commissaire divisionnaire en est le premier surpris, mais de nombreuses personnes se font pourtant avoir par cette monnaie factice. Résultat, le phénomène n’a cessé de prendre de l’ampleur, et les contrefaçons circulent désormais dans tout l’Hexagone.



En tout, 20 000 billets ont été saisis dans la zone euro, dont 60 % en France, l’épicentre de l’arnaque.

Contrairement à ce que son nom pourrait laisser imaginer, la movie money ne provient pas de l’industrie du cinéma, qui recourt déjà à d’autres accessoires.



Cette appelation lui a seulement été donnée en raison de l’inscription « Movie Money » qui s’y trouve inscrite sous le drapeau de l’Union européenne, en lieu et place de la signature du président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi.

C’est en réalité chez les grands sites d’e-commerce que cette fausse monnaie trouve son origine, comme l’Américain Amazon ou le Chinois Aliexpress.

Quelques euros pour s’acheter une liasse de billets
On peut en effet y trouver des imitations de billets assez sommaires, vendues pour seulement quelques euros la liasse. Un prix dérisoire face au marché parallèle « traditionnel », où un billet factice de 20 € est en moyenne acquis pour 6 €.

Si ces accessoires sont présentés à travers leur fonction de divertissement, certains commentaires d’internautes évaluant des produits similaires sont équivoques : « Très mal imité, je déconseille », peut-on ainsi lire sous certains d’entre eux.



Pourtant, la législation est claire : sans autorisation préalable, les billets l’Union européenne sont une marque déposée par la BCE. Ils ne peuvent être reproduits afin d’être commercialisés, à moins de n’être imprimés que sur une face, ou si leur taille est supérieure ou inférieure d’un quart à celle des originaux. Ce qui n’est pas le cas de cette movie money.

« Ils jouent sur le fait qu’il est précisé « This is not legal » dessus », explique le chef de l’OCRFM.

Il est autorisé de fabriquer des billets factices s’ils ne sont imprimés que sur une face, ou s’ils sont d’une taille inférieure ou supérieure d’un quart aux originaux.
(Photo : capture d’écran Amazon)
Les premières condamnations devraient tomber
Éric Bertrand et son équipe se retrouvent donc quelque peu démunis face à ce phénomène, bien éloigné des affaires de faux monnayage qu’ils ont coutume de traiter.

« D’habitude, il y a tout un circuit organisé avec des importateurs, des fabricants…



Or, là, on ne peut pas lutter contre un réseau puisqu’il n’y en a pas : chacun commande ses propres billets.

Ce ne sont pas non plus les profils auxquels nous avons l’habitude d’avoir affaire, des voyous avec un important passé délinquant.

Ici, ce sont des personnes très jeunes, souvent des étudiants, qui n’ont pas trop d’argent et vont essayer d’en passer deux ou trois pour rigoler, pour tester les limites », ajoute-t-il.

Un jeu dangereux, sachant que la mise en circulation de fausse monnaie fait encourir jusqu’à dix ans de prison.

Pour l’instant, une certaine indulgence a été de mise, eu égard au profil des auteurs, et aucune condamnation n’a été prononcée.

Mais les hommes de l’OCRFM attendent de pied ferme que les premières sanctions tombent, pour provoquer une prise de conscience et faire jurisprudence.



« Nous sommes en contact avec les magistrats, et des peines vont bientôt être prononcées, au moins pour escroquerie », assure Éric Bertrand.

Qui appelle, d’ici là, les commerçants à faire preuve de vigilance : « Deux secondes suffisent, mais il faut regarder les billets qu’on nous donne. Sinon, on risque de mauvaises surprises. »

Source : https://www.ouest-france.fr

Crédit photo : capture d’écran : https://www.ouest-france.fr
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