Mois sans tabac : « Fonder la première génération d’adultes sans tabac en 2032 n’est pas inatteignable »….

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Mois sans tabac : « Fonder la première génération d’adultes sans tabac en 2032 n’est pas inatteignable »….

Hausse du prix des paquets, sensibilisation aux dangers pour la santé, accompagnement de spécialistes pour arrêter de fumer… L’arsenal des mesures déployées commence à porter ses fruits

Coup d’envoi ce vendredi 1er novembre du Mois sans tabac, le défi collectif visant à inciter les fumeurs français à arrêter la cigarette.

Dans l’Hexagone, le nombre de consommateurs quotidiens a baissé de 1,6 million entre 2016 et 2018. Des chiffres encourageants pour le gouvernement, qui vise à fonder dès 2032 la première « génération d’adultes sans tabac ».

Avec 11,5 millions de fumeurs quotidiens en 2018, cet objectif peut-il être atteint d’ici à treize ans ? Bernard Basset, vice-président de l’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie, apporte son éclairage.

Début des hostilités ce vendredi 1er novembre contre le tabagisme.

Les 11,5 millions de fumeurs français sont invités à arrêter la cigarette, dans le cadre de la quatrième édition du  Mois sans tabac.




Première cause de mortalité évitable, de mortalité par cancer et de mortalité avant 65 ans, il est responsable de près d’un décès sur huit, d’après le programme national de lutte contre le tabac des ministères des Solidarités et de la Santé et celui de l’Action et des Comptes publics, et une priorité de santé publique de premier plan.

Entre 2016 et 2018, plus de 1,6 million de fumeurs ont dit adieu à la clope, mais l’Hexagone reste à un niveau élevé par rapport à ses voisins européens comme l’Allemagne et la Belgique.

Le gouvernement a déployé un arsenal de mesures afin de réduire la consommation de tabac, dont la hausse du prix du paquet de cigarettes de 50 centimes  qui coûtera 9,10 euros en moyenne , liée à l’augmentation des taxes prévue par le gouvernement, qui vise un paquet à 10 euros fin 2020.

Mais l’enjeu majeur est de sensibiliser les jeunes et de parvenir dès 2032, comme le souhaite le gouvernement, à fonder la première « génération d’adultes sans tabac ». Cet objectif peut-il être atteint ? 20 Minutes a sollicité l’expertise de Bernard Basset, vice-président de l’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie.




L’objectif du gouvernement d’une « génération d’adultes sans tabac » en 2032, est-il réalisable ?
C’est assez réaliste et pas inatteignable, parce que la baisse de la consommation du tabac en France est notable.

Les opérations de mobilisation sociale comme le Mois Sans Tabac ont démontré leur efficacité. Santé Publique France a publié des chiffres assez impressionnant l’an dernier, puisque plus d’un million de personnes ont arrêté de fumer depuis 2016.

Autre point intéressant : il y a eu une baisse chez les jeunes hommes de 18 à 24 ans, très touchés par le tabagisme quotidien, qui sont passés de 44 % à 35 % de fumeurs.




C’est une tendance assez forte.

L’objectif sur 2032 paraît donc réalisable compte tenu des évolutions récentes. D’autant plus que les personnes en situation de précarité ont, elles aussi, été incitées à moins fumer.

Les données observées et révélées lors du dernier baromètre de Santé Publique France ont montré que les inégalités sociales par rapport au tabac ne s’accroissaient plus.

Tous ces facteurs épidémiologiques vont plutôt dans le bon sens, vers l’arrêt du tabac dans nos sociétés.

Quelles sont les mesures à mettre en place pour parvenir à cet objectif ?
La politique menée actuellement allie différents moyens.




On a la mobilisation sociale du #MoisSansTabac, qui sert à faire prendre conscience à la population qu’il s’agit de la consommation d’un produit dangereux et mortel.

Il y a des mesures complémentaires, avec en premier le prix. On sait qu’il a un effet sur le pouvoir d’achat, et donc sur la consommation de tabac.

De plus, il y a une politique d’accompagnement à l’arrêt, avec la possibilité de se faire aider par des professionnels et les substituts nicotiniques (vapotage, patchs…).

Tous ces instruments fonctionnent sur les jeunes, en particulier le prix. Ils font des choix économiques en s’apercevant que ça leur coûte de plus en plus cher.

D’autant plus qu’il y a des campagnes pour leur expliquer qu’il s’agit d’un produit extrêmement dangereux. On a vu par ailleurs que la campagne #MoisSansTabac a touché en premier lieu les jeunes.




Dans certaines régions, on voit que le nombre de fumeurs reste encore élevé.

Il y a des régions [en France hexagonale] où l’on fume beaucoup moins : en 2017, c’étaient l’Ile-de-France (21,3 %) et les Pays de Loire (23 %).

Et a contrario, la prévalence des fumeurs était beaucoup plus élevée, sur une moyenne de 30 %, dans des régions comme en PACA, les Hauts-de-France, en Occitanie et dans le Grand Est.

On a des écarts de 9 à 10 points entre ces deux types de régions.

Il y a une déclinaison différente du Mois Sans Tabac selon les régions.

Des ambassadeurs, chargés de mettre en œuvre les dispositifs adaptés et spécifiques tenant compte des particularités de chaque région, sont nommés.




C’est une politique d’ensemble qui actionne différents moyens et qui commence à produire des effets majeurs.

Ça va dans la bonne direction. On peut toujours faire mieux mais ce qui est fait n’est pas contestable.

Source : https://www.20minutes.fr
Crédit photo : Capture d’écran

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