Paralysie du sommeil : ce qu’il faut faire si vous en êtes victime

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La paralysie du sommeil a déjà frappé 20 % des Français. Ce trouble survient au réveil et empêche la victime de faire le moindre mouvement. Impossible de parler, de bouger ou même de cligner des paupières pendant plusieurs secondes.

Comment survient ce phénomène terrifiant ? Que faire pour s’en libérer ? Entretien avec le Dr Sylvie Royant-Parola, psychiatre, spécialiste du sommeil.


Paralysie du sommeil : ce qu’il faut faire si vous en êtes victime
La paralysie du sommeil est un trouble du sommeil qui peut survenir à l’endormissement (on parle alors d’un état hypnagogique) ou au réveil (état hypnopompique).
Il dure en principe quelques secondes, voire plusieurs minutes. Ce trouble est relativement fréquent puisque 20 % de notre population en aurait déjà fait l’expérience, selon CIRCEE (Centre d’informations, de recherches, et de consultations sur les expériences exceptionnelles).

« Caractérisé par l’impossibilité de bouger ou de parler, la paralysie du sommeil est souvent associée à une sensation de présence inquiétante et à des hallucinations, partage CIRCEE.
Dans ces conditions, le dormeur qui se réveille se sent complètement paralysé, incapable de bouger les membres, de parler ou de crier.

L’expérience est souvent d’autant plus mal vécue que, dans les deux tiers des cas, elle s’accompagne d’hallucinations hypnagogiques visuelles ou tactiles.
Ainsi, elle est souvent associée à une intense sensation d’épouvante et de terreur ».

Ce trouble survient lors d’états intermédiaires entre la veille et le sommeil. « Il se produit le plus souvent au moment du réveil matinal, à la fin d’une sieste, mais aussi peu après l’endormissement, nous explique le Dr Sylvie Royant-Parola, psychiatre, spécialiste du sommeil, auteure de Comment retrouver le sommeil par soi-même (éd. Odile Jacob), et présidente du Réseau Morphée (réseau consacré à la prise en charge des troubles chroniques du sommeil).
La paralysie peut survenir quelle que soit la position, mais a lieu fréquemment quand le dormeur est allongé sur le dos ».
Qu’est ce qui cause ce phénomène impensable ?
Que faire si vous êtes victime ?
Quels sont les symptômes d’alerte ?
On fait le point avec la psychiatre.
Sensation d’étouffement et hallucinations : des signes de paralysie du sommeil

Durant un épisode de paralysie du sommeil, le patient à l’étrange impression d’être éveillé et vas essayer de sortir de son sommeil. Cela s’apparente à un rêve éveillé.
Malgré tout, la personne sera incapable de bouger, ne serait-ce que ses paupières.
On veut bouger, mais aucun membre ne répond
Les premiers signes de la paralysie du sommeil se caractérisent par l’incapacité d’émettre des mouvements.

« On ne peut plus bouger ni parler car les muscles ne répondent pas, décrit le Dr Royant-Parola.
C’est très angoissant pour les patients.

Elles ont vraiment l’impression d’être paralysé ».
Il est impossible de crier.
Les pupilles sont les seuls à pouvoir bouger.
En principe, cela dure quelques secondes, voire quelques minutes.


« La paralysie du sommeil peut survenir à l’endormissement, mais se manifeste plus souvent lors du réveil.
Les patients victimes ont tendance à les subir très régulièrement ».
Une impression d’être possédé par un être surnaturel

« Les paralysies du sommeil sont des phénomènes très troublants.

Il y a une telle angoisse de se sentir paralysé, les personnes essayent d’interpréter leur sensation, au risque de construire des histoires irrationnelles », poursuit la spécialiste du sommeil.

Certains témoignages mentionnent la présence menaçante d’un être. « Les patients évoquent des visites de leur corps par une entité étrangère. Ils ressentent une présence de quelque chose ou de quelqu’un. Un être qui veut leur faire du mal mais qu’ils ne peuvent voir », ajoute le Dr Royant-Parola.
Parfois, certains le vivent comme une expérience de rencontre avec des êtres surnaturels.

« D’autant que la paralysie du sommeil peut être associée à des hallucinations hypnagogiques qui sont toujours bizarres et favorisent ce style d’interprétation », ajoute la spécialiste. Le cerveau va essayer de trouver une explication.
L’une d’elle serait qu’un être extérieur vous possède. D’autres patients vont croire qu’ils font un AVC (accident vasculaire cérébral, ndlr).
Paralysie du sommeil : quelles sont les causes ?
En réalité, pendant un épisode de paralysie du sommeil, la personne respire normalement.
Elle pense être tout à fait consciente mais, elle se trouve en fait, entre le rêve et la réalité.
« Sa perception des choses est biaisée, il y a tromperie des sens » ajoute le Dr Royant-Parola.
La paralysie du sommeil survient pendant le sommeil paradoxal
Notre sommeil est constitué d’une succession de cycles qui s’enchaînent tout au long de la nuit.
La paralysie du sommeil survient généralement pendant la phase de sommeil paradoxal.
C’est à ce moment-là que surviennent les rêves.

La paralysie du sommeil peut se présenter quand la personne est dans un sommeil paradoxal, et sur le point de se réveiller, ou bien, très peu de temps après l’endormissement, lorsqu’on passe de l’éveil au sommeil.
Une dissociation entre l’éveil moteur et l’éveil cortical
Concrètement, lorsque vous dormez, votre tonus musculaire baisse.

À certains stades de votre sommeil, il y a une abolition complète du tonus. « Une commande du cerveau lui ordonne de ne plus agir, décrit le Dr Royant-Parola.
Voici pourquoi durant vos rêves, pendant lesquels vous êtes amenés à vivre des scènes, vous restez malgré tout immobile dans votre lit. Sans cette commande, vous ne seriez pas immobile durant les rêves et vous bougeriez sans cesse ».


« La paralysie du sommeil peut résulter d’une dissociation entre l’éveil moteur et l’éveil cortical », nous partage la spécialiste. Il est possible que, durant le sommeil paradoxal, le cerveau et la moelle épinière ne soient pas totalement en phase.

Votre cerveau demande à la moelle épinière de réagir (éveil cortical), mais elle n’obéit pas et l’éveil moteur ne peut ainsi pas se faire normalement.

Une modification brutale de votre mode de vie
D’autres facteurs peuvent favoriser l’apparition d’une paralysie du sommeil.

C’est le cas du stress ou de l’anxiété.

Une modification brutale du mode de vie (deuil, déménagement, nouveau travail) et un rythme de sommeil non-régulier, peuvent aussi constituer des facteurs de risque.
Paralysie du sommeil : les solutions pour s’en libérer

La paralysie du sommeil peut toucher tous les individus.

« Il n’y a pas de profil type, même les personnes qui consultent pour ce trouble sont souvent des jeunes, confie la spécialiste. Ils ont vécu la paralysie pour la première fois et n’y sont pas habitués.
Au contraire, les personnes qui sont habituées à ces épisodes ne consultent plus ».

Si vous faites parties de ces patients, sachez qu’il existe des solutions pour diminuer la longueur et l’intensité de la paralysie.

« Il est malheureusement impossible de l’éviter, mais vous pouvez faire en sorte qu’elle dure le moins longtemps possible », estime le Dr Royant-Parola.

Ne pas paniquer et se laisser aller

« Plus la personne résiste et tente de récupérer son tonus musculaire, plus la paralysie va durer », met en garde la spécialiste du sommeil.

En effet, si vous êtes victime de paralysie du sommeil, ne tentez pas de vous réveiller, ni de bouger. « Il faut prendre un certain recul et ne surtout pas paniquer, conseille le Dr Royant-Parola.
On lâche tout et on se laisse aller, pour se rendormir. N’hésitez pas à respirer tranquillement et dites-vous que cela va vite passer ».

Consultez votre médecin traitant

« Si les patients ne connaissent pas la paralysie du sommeil, ils vont forcément angoisser la première fois, et subir les hallucinations », raconte la psychiatre.
Si le problème persiste, il vaut mieux consulter son médecin traitant.


« Et si le trouble se répète trop souvent, il est alors temps d’envisager d’avoir recours à un spécialiste du sommeil, afin de voir si la paralysie du sommeil ne cache pas un autre problème ».

Paralysie du sommeil : un signe de narcolepsie

Selon l’experte, la paralysie du sommeil peut aussi révéler une narcolepsie. Il s’agit d’un trouble du sommeil chronique caractérisé par un temps et un besoin de sommeil excessif.

Le patient ressent une extrême fatigue et peut s’assoupir involontairement à n’importe quel moment. Au travail, à l’école, dans les rues, au supermarché… La victime peut tomber dans le sommeil à tout moment. Ce trouble entrave considérablement la qualité de vie.

La narcolepsie peut se déclarer de la petite enfance à la cinquantaine avec un pic principal vers 15 ans et un pic secondaire vers 36 ans, selon l’Institut National du sommeil et de la vigilance.

Les principaux symptômes d’alerte de la narcolepsie constituent les accès de cataplexie (chute brutale du tonus musculaire déclenché par les émotions). On note aussi les paralysies du sommeil (dans 50 à 60 % des cas), un sommeil de mauvaise qualité (entrecoupé par des fréquents réveils et des cauchemars) et des troubles de l’attention dans la journée.

Source : msn

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