Campagne vaccinale contre le Covid-19: comment éviter un fiasco comme celui de la grippe A ?….

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Pour faire face au Covid-19, les autorités sanitaires préparent scrupuleusement leur stratégie vaccinale, avec en tête l’idée de répondre à la méfiance d’une large partie de la population.

Après l’échec de la politique de tests contre le Covid-19, le gouvernement veut éviter à tout prix un nouveau fiasco.

Alors l’exécutif s’attèle déjà à l’organisation de la campagne vaccinale.

Un nouveau défi se profile donc pour les autorités sanitaires, en l’occurrence pour le ministre de la Santé Olivier Véran.

Surtout qu’au-dessus de sa tête plane encore le spectre de la vaste campagne de vaccination lancée en 2009 contre la grippe H1N1, plus connue sous le nom de grippe A, sous le deuxième gouvernement Fillon.

Il y a onze ans, Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé de l’époque, doit faire face à une crise sanitaire sans précédent.

La France est officiellement touchée par la grippe H1N1, un virus contagieux qui se transmet d’homme à homme, à partir du 30 juillet 2009, à la mort d’une fillette sur le territoire.

Puisque le vaccin existe déjà, une vaste campagne de vaccination est lancée au mois de juillet 2009 et 94 millions de doses sont commandées par le gouvernement, dans l’idée de vacciner 75% des Français.

Plus d’un millier de centres déployés à l’époque
À l’époque, ce vaccin n’est pas obligatoire mais pour montrer l’exemple, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot décide de se faire vacciner sous l’oeil des caméras dans un centre parisien.

« Les gestes de chacun font la santé de tous », lance alors la ministre à la télévision pour inciter la population à se faire vacciner.

Chaque personne reçoit un bon de vaccination envoyé par l’Assurance Maladie, avec le nom du centre où se faire vacciner.



Six millions de courriers sont envoyés aux Français dans un premier temps, et 1060 centres de vaccination, souvent des gymnases en raison de leurs grands espaces, sont identifiés au lancement de la campagne sur l’ensemble du territoire national.

Un dispositif qui pourrait à nouveau être imaginé en 2021 pour la future campagne de vaccination contre le Covid-19.

Il est alors décidé d’organiser la campagne selon un ordre de priorité: les premiers vaccins sont ainsi réservés au personnel médical, paramédical et aux aides-soignants des établissements de santé, ainsi qu’aux médecins et infirmiers du secteur ambulatoire.

Sont ensuite considérés comme prioritaires les femmes enceintes (à partir du deuxième trimestre de grossesse), l’entourage des nourrissons de moins de 6 mois , ou encore les sujets âgés de 6 mois à 64 ans avec des facteurs de risque.

L’objectif initial: vacciner 6 millions de Français par mois
À ce jour, 6 Français sur 10 n’envisagent pas de se faire vacciner contre le coronavirus, a révélé un sondage Elabe pour BFMTV en début de semaine.

Une méfiance qui était déjà bien présente chez un pan de la population en 2009.

En huit mois, malgré les recommandations des autorités, seuls 5 millions de Français s’étaient fait vacciner contre la grippe H1N1 entre novembre 2009 et juin 2010, soit moins de 8.5% de la population; alors que le dispositif mis en place à l’époque par les autorités prévoyait de pouvoir vacciner 6 millions de Français par mois.

Une commission d’enquête parlementaire est donc créée en février 2010.



Et dans son rapport rendu public en juillet de la même année, elle qualifie la campagne de vaccination d' »échec de santé publique », dont « le bilan a été insuffisant au regard des moyens engagés ».

Plusieurs problèmes sont alors pointés du doigt: un faible taux de vaccination, un coût financier important, des résiliations de contrats coûteuses dues au fait que moins de personnes que prévues se sont faites vacciner, des stocks non écoulés, des commandes annulées, mais également des coûts de fonctionnement importants.

De la crise sanitaire à la crise de confiance
L’un des bilans dressé au mois de juillet 2010 par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale est également révélateur, puisqu’il souligne un problème majeur qui rappelle étrangement la crise actuelle:

« La pandémie a été le formidable révélateur d’une crise de confiance: nos concitoyens (…) se défient de la parole de l’État en période de crise sanitaire. »

« La défiance à l’égard de la vaccination constitue un défi pour l’avenir », écrivait déjà à l’époque la commission d’enquête.

Et de s’interroger: « Demain, il nous faudra peut-être faire face à une nouvelle pandémie à la gravité plus sévère.

Comment ferons-nous si l’on ne croit plus aux mesures de santé publique ? »



Source : msn.com

Crédit photo : Capture d’écran

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