Après les annonces de Macron, les oppositions déjà à l’offensive

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De Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, en passant par Benoît Hamon et Éric Ciotti.

Il ne sont pas (du tout) convaincus, mais pour des raisons bien différentes.

Après l’allocution du président de la République en réponse à la crise enclenchée par le mouvement des gilets jaunes, les différentes oppositions à Emmanuel Macron ont vilipendé les annonces du chef de l’État, estimant qu’elles ne répondaient pas aux attentes des Français mobilisés.

Premier à réagir de façon solennelle, Jean-Luc Mélenchon a appelé depuis l’Assemblée nationale à un « acte V de la révolution citoyenne ».

Selon lui, Emmanuel Macron « se trompe d’époque » en pensant « qu’une distribution de monnaie pourrait calmer l’insurrection citoyenne qui a éclaté ».

Pour le chef de file de la France insoumise, « une partie considérable de la population n’est considérée par aucune des mesures ».

« Macron mange un petit bout de son chapeau.

Si le pouvoir en place est ébranlé dans ses certitudes par l’ampleur de la colère, il ne change pas de logiciel.

La hausse du SMIC sera payée par l’impôt. Pas de retour de l’ISF.

Rien sur l’écologie », a renchéri dans un communiqué la députée insoumise, Clémentine Autain

Auprès de l’AFP, la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, a également exprimé son opposition aux annonces du chef de l’État, dont elle estime qu’il incarne à lui seul le modèle contesté par les gilets jaunes.

« Face à la contestation, Emmanuel Macron renonce à une partie (une partie seulement) de ses errements fiscaux et c’est tant mieux, mais il refuse d’admettre que c’est le modèle dont il est le champion qui est contesté: la mondialisation sauvage, la financiarisation de l’économie, la concurrence déloyale, le libre échange généralisé, l’immigration de masse et ses conséquences sociales et culturelles.

Il recule pour mieux sauter », a-t-elle dit.

« Macron a lâché un peu de lest sur le pouvoir d’achat pour calmer la colère, mais la colère reste profonde.

L’essentiel des mesures proposées va à l’encontre de ce qu’a fait le gouvernement depuis un an et demi », a plus sobrement commenté le vice-président du RN, Nicolas Bay.

Du côté des Républicains, les réactions oscillent entre farouche opposition et pragmatisme.

« Ce sont des annonces, certaines efficaces. Les heures supplémentaires, c’est évidemment nécessaire.

Les réponses de ce soir, ce sont des réponses de court terme, des réponses de pouvoir d’achat nécessaires, mais avec leur part d’injustice.

La CSG, c’est une partie des retraités. La prime de fin d’année qu’on demande aux employeurs de verser, certains ne le pourront pas la verser », a réagi sur TF1 Éric Woerth.

« Les Français veulent moins d’impôts, moins de dépense publique, moins d’immigration et plus de démocratie.

Rien dans son discours ne démontre que Macron s’engagera dans cette voie. Il se contente de donner quelques miettes aux Français en colère.

Le numéro d’acteur ne suffira pas », a de son côté réagi, bien plus sévèrement, Eric Ciotti.

Un ton qui tranche avec celui du député LR Guillaume Peltier, qui s’est dit satisfait des annonces du président qui sont, selon lui, « une victoire pour les classes moyennes »

Pour Benoît Hamon en revanche, les annonces restent insuffisantes.

« La lutte paye. Macron a bougé. Un peu. Trop peu.

Car le compte n’y est pas. L’augmentation du SMIC par la baisse des cotisations salariales veut dire que c’est la sécurité sociale qui financera les augmentations pas les riches ni les profits exorbitants des grands actionnaires », a tweeté l’ex-candidat socialiste à la présidentielle, qui déplore notamment le manque de mesures concernant la jeunesse.

Côté PS, le compte n’y est pas non plus. « Le cap n’est pas modifié ! Le nouveau monde, c’est « retour vers le futur ».

Le nouveau monde c’est du Sarkozy.

Les heures supplémentaires défiscalisées seront payées par les chômeurs, les retraités et ceux qui n’en font pas ! », a dénoncé sur Twitter le patron du PS Olivier Faure, estimant que « le vrai scandale, c’est que pour financer les dépenses annoncées ce soir, les recettes ne viendront pas des grandes fortunes mais de la poche des Français eux-mêmes ».

« Il y a une prise de conscience extrêmement tardive du président de la République, sur la question du pouvoir d’achat. (…) Sur les mesures annoncées, évidemment que nous sommes favorables à une augmentation du Smic et à ce que les retraités qui ont moins de 2000 euros de retraite par mois ne subissent pas la hausse de la CSG.

Il a bien dit que ce n’était que pour 2019. Après on verra… Tout ce qui se passe après 2019 est dans un grand flou artistique.

Le grand flou, surtout, c’est qui va payer? », s’interroge auprès de l’AFP, Valérie Rabault, présidente du groupe PS à l’Assemblée.

 

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Crédit photo : capture d’écran
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