Merci à tous les complotistes de nous faire passer pour des blaireaux. »

Facebook 0 Twitter 0 Google+ 0 Linkedin 0 Mail

Merci à tous les complotistes de nous faire passer pour des blaireaux. »

GILETS JAUNES – Ils tentent d’apporter une goutte de raison dans cet océan complotiste.

Depuis l’annonce de la fusillade de Strasbourg, les pages Facebook des gilets jaunes fourmillent de fake news. Des théories fumeuses font de cette attaque un coup monté par Emmanuel Macron et son gouvernement pour étouffer la fronde de ces Français en colère.

Un « comme par hasard » particulièrement malvenu alors que la fusillade a fait au moins 3 morts et plusieurs blessés.

Au sein de ces communautés virtuelles, certains ont pourtant bien conscience des dégâts que peuvent infliger ces théories du complot à l’image des gilets jaunes.

Depuis plusieurs heures, des modérateurs officiels ou non se relaient ainsi pour tenter d’endiguer le flux de commentaires haineux qui voient la main du gouvernement derrière l’attaque.

Publications interdites sur certaines pages

Si certains privilégient la discussion, d’autres se montrent plus virulents et demandent aux « crétins » d’arrêter de relayer « des conneries.

 » « Vous me faites honte et vous salissez notre cause », s’indigne par exemple un internaute sur la page « La France En Colère. »

Mais la tâche est particulièrement ardue pour les modérateurs tant la place accordée aux fake news sur ces pages Facebook s’est étendue tout au long de la mobilisation.

Ces citoyens -qu’ils soient administrateurs des groupes en question ou non- ont été immédiatement débordés par un flot incessant d’analyses complotistes en tout genre juste après l’attaque de Strasbourg.

D’autant que des leaders du mouvement n’ont pas hésité à relayer ces versions polémiques, à l’image de Maxime Nicolle. « Dîtes-vous bien que le mec qui veut faire un attentat vraiment, il attend pas qu’il y ait 3 personnes dans la rue le soir à 20 heures », lançait le jeune homme qui se fait appeler Fly Rider dans une vidéo en direct, quelques minutes après les premiers coups de feu. Une analyse un peu floue qui s’inscrivait alors dans la lignée des commentaires niant la réalité de cette attaque ou la reliant à l’Élysée.

Mais après une nuit de sommeil, Maxime Nicolle a fait évoluer son discours.

Dans une nouvelle vidéo publiée ce mercredi matin, il appelle les gilets jaunes à avoir « un peu de respect pour les familles des victimes.

 » Il a également promis de désactiver les commentaires de son groupe -« Fly Rider infos blocage »- s’il n’arrivait pas à « contenir le déchaînement de haine et de connerie » sur les réseaux sociaux.

Une mesure prise dès mardi soir par certains modérateurs de pages.

Ainsi, « la France en colère!!! » d’Éric Drouet a rapidement interdit toute publication sur son mur « afin de garder un climat apaisé et de faciliter la modération des commentaires déplacés, qui sont très nombreux.

 » Même procédé pour le groupe « je suis gilet jaune » dont le modérateur Alexis Coussot a « décidé de bloquer temporairement les publications » ce mercredi matin pour éviter que ne pullulent les « insultes », « trolls » et autres messages « parano. »

Vous nous faîtes passer pour des abrutis »

Ces leaders ne sont pas les seuls à faire entendre leur voix. Les messages de militants indignés -bien que souvent minoritaires- se multiplient aussi sur ces groupes Facebook.

Tout comme les injonctions à arrêter le partage de théories du complot faisant beaucoup de mal à l’image du mouvement.

« Restez neutre sur ce sujet s’il vous plaît », implore une de ces internautes sur la page « gilet jaune » à travers un message particulièrement modéré, qui ne remet toutefois pas en cause la thèse d’une attaque téléguidée par l’Élysée.

« L’idée que l’attentat soit commandé par l’État fait polémique et les médias tentent de l’utiliser pour nous diviser », ajoute-t-elle, consciente des remous que provoque ce genre de discours.

Mais d’autres messages sont beaucoup moins complaisants à l’égard de ceux qui relaient ces théories en question.

« Merci à tous les complotistes de nous faire passer pour des blaireaux » cingle par exemple un internaute.

D’autres messages, tout aussi virulents ont d’ailleurs disparu de certaines pages.

« Vous nous faîtes passés (sic) pour des abrutis déterminés à sauter sur toutes les occasions pour remettre la faute sur le gouvernement », s’indignait par exemple un gilet jaune sur la page « Je suis Gilet Jaune ! » avant que son message ne s’évapore.

Hommages aux victimes?

Tous, ou presque, ont au moins un point commun: la volonté de continuer le mouvement. Et ce en dépit des appels au calme et à la responsabilité lancés depuis ce mercredi matin par plusieurs responsables politiques.

Mais pour ne pas reprendre les actions « comme si de rien n’était », certains gilets jaunes proposent de rendre hommage aux victimes de l’attaque.

Les initiatives fleurissent sur les pages Facebook.

Beaucoup proposent ainsi de porter un signe distinctif sur leurs gilets jaunes, comme un brassard noir, une bande de couleur ou encore le blason de la ville de Strasbourg.

Des propositions qui recueillent, pour la très grande majorité d’entre elle, des avis positifs de la part d’autres internautes.

Si ces messages se multiplient depuis quelques heures, ils restent néanmoins très minoritaires au sein d’un mouvement où prospèrent toutes les formes de complotisme, du pacte de Marrakech sur les migrations en passant par les interpellations massives en marge des manifestations des gilets jaunes.

Alors que le principal suspect de l’attaque de Strasbourg n’a toujours pas été interpellé, beaucoup pointent une différence de traitement entre terroristes et gilets jaunes: « Visiblement, on peut arrêter les gens qui ont des gilets jaunes et des lunettes de piscine mais pas ceux qui ont des grenades. »

 

Facebook 0 Twitter 0 Google+ 0 Linkedin 0 Mail
Publicités