J’ARRÊTE LE SUCRE – Que manger au petit-déjeuner lorsque l’on décide de limiter le sucre ?

J’ARRETE LE SUCRE  

 Sans s’en rendre compte, il est possible de consommer une vingtaine de sucres rien qu’au petit déjeuner.

Plutôt qu’un croissant ou un bol de céréales, trop sucrés, peu nourrissants et pauvres d’un point de vue nutritionnel, préférez les bonnes matières grasses.

S’il y a bien un repas traditionnellement et quasi intégralement sucré dans les habitudes alimentaires des Français, c’est le petit déjeuner. Un bol de céréales ou un pain au chocolat? C’est trois morceaux de sucre. Un chocolat chaud? Deux de plus. Des tranches de baguette tartinées de confiture? Compter un peu plus de cinq sucres pour une portion de 60 grammes de pain blanc et un demi-sucre pour chaque cuillère à café de confiture, tout autant s’il s’agit de pâte à tartiner. Un verre de jus de fruit? C’est trois sucres supplémentaires. Un yaourt aux fruits? Additionnez-en deux autres.

  • Pas plus de quatre sucres par jour

En un seul repas important puisqu’il s’agit du premier de la journée après une nuit de jeûne il est ainsi possible d’avaler une vingtaine de sucres sans même s’en apercevoir.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’apport en sucres libres -c’est-à-dire les sucres ajoutés aux aliments et boissons qui ne sont pas naturellement présents- ne doit pas dépasser 25 grammes quotidiennement, ce qui représente quatre sucres.

« Si le petit déjeuner est trop sucré, il ouvre l’appétit et entretient des envies de sucre pour toute la journée », remarque pour BFMTV Valérie Espinasse, micronutritionniste et auteure de J’arrête le sucre. Pour Stéfane Guilbaud, auteur de Je ne mange pas de produits industriels, un petit-déjeuner trop sucré amorce un cercle vicieux qui perturbe le métabolisme de la glycémie, c’est-à-dire le taux de glucose dans le sang.

« Lorsque l’on consomme du sucre, le pancréas sécrète de l’insuline afin de réguler cette élévation rapide du niveau de glycémie dans le sang, explique-t-il à BFMTV. Mais une fois que ce taux de sucre est régulé, cela entraîne par conséquent une chute de la glycémie. On se retrouve alors dans un état d’hypoglycémie. C’est le coup de barre et la fringale de 11 heures. Et pour contrer cela, le corps demande de consommer à nouveau du sucre. »

  • Plus de protéines et de lipides que de glucides

Ces montées et chutes répétées de la glycémie finissent par fatiguer le pancréas et rendent sur le long court résistant à l’insuline, avec notamment pour conséquence le développement des diabètes de type 2. Si le glucose est le carburant de notre cerveau et de nos muscles, son excès est cependant néfaste. Car le glucose se transforme en lipides -d’où une augmentation des triglycérides dans le sang- et en graisse, ce qui se traduit par une prise de poids.

« La première étape pour consommer moins de sucre, c’est de transformer son petit déjeuner », poursuit Valérie Espinasse. Et d’opter pour davantage de protéines et de lipides que de glucides. Stéfane Guilbaud est du même avis. « Culturellement, on a appris à casser le jeûne avec du sucre, mais cela ne se passe pas forcément comme ça ailleurs dans le monde. » Comme en Asie, où le petit déjeuner se compose d’œufs, de riz et de poisson, au Royaume-Uni, avec le célèbre « bacon and eggs », ou en Allemagne, avec de la charcuterie et du fromage.

  • Un fruit entier plutôt qu’un jus de fruit

Première recommandation dans votre rituel du matin: préférer un fruit cru entier à un jus de fruit, qu’il soit pur jus, pressé à la main ou issu d’un extracteur. « Un jus de fruit n’est pas un fruit. La mastication est importante dans le processus de digestion, pointe Anthony Berthou, nutritionniste spécialisé en micronutrition, pour BFMTV. Le jus est également débarrassé des fibres du fruit, qui permettent de limiter l’absorption de sucre. Un jus n’a en réalité pas un grand intérêt nutritionnel. » Pour l’Anses, un jus de fruit est une boisson sucrée au même titre qu’un soda. En règle général: il est recommandé de consommer deux à trois fruits par jour, ce qui représente 300 à 400 grammes. Et pour information: une portion de fruit équivaut à la taille d’un poing fermé.

  • Feu vert sur les fruits secs oléagineux

Deuxième priorité pour un petit déjeuner idéal: faire la part belle aux fruits secs oléagineux, comme les amandes, noisettes, noix, noix de cajou, noix de pécan, noix du Brésil, pistaches, noix de Macadamia, noix du Queensland, cacahuètes ou pignons de pin. Les nutritionnistes recommandent ainsi de remplacer la confiture par des purées d’oléagineux pures et sans sucre ajouté, comme des purées de cacahuète, d’amande ou de noisette.

« Ce sont des protéines et des matières grasses de bonne qualité, remarque pour BFMTV Marion Thelliez, naturopathe et auteure de Je me libère du sucre. On ne peut pas enlever le sucre sans rien ajouter. C’est pour cela qu’il ne faut pas avoir peur d’apporter de bons lipides. En plus, en retirant les produits sucrés artificiellement de votre alimentation, vous enlevez une importante part de ce qui se transforme ensuite en gras dans votre corps. »

  • Vers un menu salé

Ainsi, contrairement à ce que l’on pourrait croire, le petit déjeuner doit aussi se composer de lipides longtemps diabolisés et de protéines, qui apportent une plus grande sensation de satiété. C’est pour cela que ce premier repas de la journée peut se composer d’olives, avocat, œufs, produits laitiers (beurre, fromage et yaourt nature), yaourts ou laits végétaux, jambon et même, pourquoi pas, de petits poissons gras, comme les sardines, les maquereaux, les harengs ou les anchois. Ne riez pas, ils contiennent des oméga-3. « On peut aussi envisager de finir les restes du dîner de la veille, comme un wok de légumes, ou une portion de ratatouille, voire de la choucroute », recommande sérieusement Stéfane Guilbaud.

  • Peu de pain… voire pas du tout

Les tartines sont l’une des spécialités du petit déjeuner à la française. Pourtant, les nutritionnistes recommandent de freiner sur le pain, surtout s’il est blanc. « Un peu de pain complet ou intégral au petit déjeuner, oui, pourquoi pas, mais on pourrait tout à fait s’en passer, estime Stéfane Guilbaud. On s’imagine qu’on a besoin de céréales pour commencer la journée, alors que ce n’est pas une nécessité. »

« Ingérer des féculents risque au contraire de provoquer un pique d’insuline suivi d’un coup de barre », ajoute le nutritionniste Anthony Berthou. Pas plus d’une ou deux tranches de pain au pur levain, complet ou intégral, de seigle ou d’épeautre, « toujours accompagnées de protéines et de graisses de bonne qualité ». Selon lui, une baguette tradition reste préférable à une baguette blanche, elle-même préférable à du pain de mie industriel même complet. Des recommandations qu’il nuance: tout dépend du boulanger. « Chaque élément: le type de farine, la fermentation, la cuisson, intervient sur l’indice glycémique. » Ce dernier pouvant varier pour un même pain d’une boulangerie à l’autre.

  • Quelles céréales?

Fini les céréales chocolatées, fourrées, sucrées, soufflées et ultra-transformées aux qualités nutritionnelles plutôt faibles. Elles contiennent en moyenne trois à quatre sucres par portion. « Ces produits extrudés, déstructurés, deviennent hyper-glycémiants, indique Stéfane Guilbaud. C’est la même chose pour les galettes de riz. On présente ça comme un produit léger, mais je n’ai jamais vu personne maigrir en en mangeant. Le riz blanc, à l’indice glycémique déjà élevé, l’est encore plus en étant soufflé. »

À la place, les nutritionnistes recommandent de composer soi-même son muesli, avec des flakes de sarrasin ou d’épeautre, des oléagineux, des graines type mélange du boulanger (sésame, courge, lin, chia, tournesol) et des morceaux de fruits. Autre alternative: des flocons d’avoine ou de sarrasin en porridge.

 

Source : bfmtv.fr

Crédit photo : capture d’écran

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