Attentats du 13 novembre 2015. 1 750 parties civiles, 20 accusés : comment se prépare le procès ?

Facebook 0 Twitter 0 Google+ 0 Linkedin 0 Mail

Attentats du 13 novembre 2015. 1 750 parties civiles, 20 accusés : comment se prépare le procès ?

C’est un procès hors norme qui se tiendra à partir de septembre 2021 avec 1 750 parties civiles, 300 avocats, vingt accusés et des centaines de journalistes.

Pour l’accueillir, une salle spéciale est actuellement en construction.

Forcément, ce sera un procès hors norme.

Le procès des attentats du 13 novembre 2015 débutera en septembre 2021, au Palais de justice de Paris (sur l’île de la Cité), et devrait durer cinq à six mois. Initialement, il avait été programmé en janvier 2021, mais en raison de l’épidémie qui a entraîné le report de nombreux procès en début d’année, dont celui des attentats de janvier 2015, il a fallu décaler ce qui s’annonce comme le plus grand procès terroriste n’ayant jamais eu lieu en France.

Il y a cinq ans, jour pour jour, trois commandos de neuf hommes avaient attaqué à l’aveugle tous ceux qui se trouvaient aux abords du Stade de France, à des terrasses de bars et restaurants et dans la salle de concerts du Bataclan. Bilan sanglant : 130 morts et 350 blessés.



À partir de septembre prochain, vingt suspects seront jugés par la cour d’assises, dont Salah Abdeslam, seul terroriste encore vivant ayant appartenu aux commandos.

Mais seuls quatorze accusés (logisticiens, convoyeurs et intermédiaires présumés) au maximum devraient être présents dans le box : six accusés sont, en effet, visés par un mandat d’arrêt, dont cinq sont présumés morts en zone irako-syrienne.

Une salle en construction
Du côté des victimes, au moins 1 750 parties civiles sont attendues, accompagnées de leurs 286 avocats.

Et sans doute, au moins certains jours, plus de 200 journalistes.

Pour organiser un tel procès, le choix a été fait de le tenir non pas dans un lieu extérieur suffisamment vaste (palais des congrès, salle de spectacle…), mais dans un lieu de justice.

Toutes les parties étaient attachées à ce que les audiences se déroulent dans une enceinte judiciaire , rappelle-t-on à la cour d’appel de Paris.

Mais pour pouvoir accueillir des centaines de personnes au quotidien, dans des conditions sécurisées, une salle est actuellement en construction dans la salle des pas perdus du vieux Palais de justice. Les travaux doivent être achevés avant l’été 2021.

Des salles annexes, où le procès sera diffusé, seront par ailleurs ouvertes.

« Besoin d’être rassurées »
Combien de personnes, notamment de parties civiles, assisteront chaque jour aux audiences ? Pour l’instant, il est encore trop tôt pour le dire.

Une partie des victimes tiennent encore cette échéance à distance.

Il n’est toujours pas facile pour elles de s’y plonger , constate Carole Damiani, directrice de l’association Paris aide aux victimes (membre du réseau France victimes) et docteure en psychologie.



L’association, avec l’aide d’une équipe d’accompagnants, va ainsi soutenir les parties civiles avant, pendant et après ce procès-fleuve.

Avant, car elles ont besoin d’être rassurées, de savoir comment se déroulera le procès bien sûr, mais aussi des choses aussi concrètes que par où elles entreront tous les jours au tribunal, le montant des frais que cela va engendrer.

Beaucoup viendront de toute la France, voire de l’étranger , rappelle Carole Damiani.

« Un procès utile »
Pendant, car certains moments d’audience seront sans doute terribles à revivre pour nombre de victimes.

En plein procès, la journée anniversaire du 13 novembre 2021 sera probablement douloureuse pour nombre de personnes. Il faudra peut-être extraire des personnes de la salle.

En tout cas, des psychologues seront là. Et après, car à la suite d’un tel procès, il y a souvent un contrecoup, un choc.

Pendant des mois, des années, l’horizon du procès a fait tenir certaines victimes.

Elles veulent être présentes pour leurs proches qui ont été tués.

Mais après, il peut y avoir un vide , note Carole Damiani.

Pour autant, la responsable de Paris aide aux victimes en est persuadée : pour toutes ces victimes, ce procès sera utile.

Il ne permettra pas de soigner leurs souffrances, leur colère.

Mais elles vont pouvoir faire passer des messages. Pour elles, ce sera une étape .



Source : msn.com
Crédit photo : Capture d’écran

Facebook 0 Twitter 0 Google+ 0 Linkedin 0 Mail