Avant même les effets de la crise, la pauvreté s’aggrave en France…

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L’Observatoire des inégalités publie son deuxième rapport sur la pauvreté en France et tente d’anticiper les effets du confinement.

D’emblée, le ton est donné : «Le gouvernement risque bien de regretter plus tard son cynisme social.»

Dans son deuxième «Rapport sur la pauvreté en France», publié ce jeudi, l’Observatoire des inégalités presse le gouvernement d’agir auprès des plus démunis.

S’il reconnaît que la France dispose d’un système social efficace, capable de protéger voire «d’éradiquer» la pauvreté (dont le taux est l’un des plus faibles d’Europe), il l’assure : la précarité future des Français reposera pour beaucoup sur les mesures d’accompagnement prises par l’Etat.

Tour d’horizon des leçons de ce rapport.

Les jeunes en première ligne
En 2018, 8,3% de la population vivaient sous le seuil de pauvreté
(1).



Autrement dit, 5,3 millions de personnes devaient composer avec moins de 885 euros par mois.

Parmi eux, les jeunes sont particulièrement touchés.

12,5% des 18-29 ans vivent sous le seuil de pauvreté. Une situation qui s’aggrave puisqu’ils étaient 8,2% en 2002.

En cause : un fort taux de chômage, des bas salaires et la précarité de l’emploi.

D’importantes disparités sont à noter entre les 20-24 ans et les 25-29 ans, la première catégorie étant largement plus vulnérable car inéligible au RSA, moins souvent en couple et en CDI.

Minima sociaux et misère
RSA, allocation de solidarité spécifique, allocation aux adultes handicapés, minimum vieillesse : près de quatre millions de personnes touchent des minima sociaux.

En prenant en compte leurs conjoints et enfants, ces aides bénéficient à six millions de personnes.

Pauvres parmi les pauvres, 2,2 millions de citoyens vivent avec moins de 708 euros par mois (40% du revenu médian), ce que l’Observatoire des inégalités qualifie de «misère», dénonçant des conditions «inacceptables pour l’un des pays les plus riches au monde».

«Pour [ces personnes], il est impossible de vivre dignement, et en particulier de se loger sans des compléments de revenus : aides de parents, d’amis, petits boulots ou travail non déclaré».

5,5 millions de personnes ont, elles, bénéficié de l’aide alimentaire en 2017.

Des Français solidaires
L’avenir et la pauvreté préoccupent une majorité de Français, puisque quatre personnes sur dix se jugent pauvres ou redoutent de le devenir.

Réalisé dans un contexte marqué par la crise des gilets jaunes, le rapport montre que 56% de la population pense que le gouvernement ne fait pas assez pour les plus démunis, et seulement 9% estiment qu’il en fait trop. Pas de pauvrophobie, donc.

Les Français sont plutôt solidaires et 62% d’entre eux soutiennent une augmentation du RSA, touché par 1,9 million de ménages.



Pour un revenu minimum unique
Estimant que «le plan de relance du gouvernement ne laisse que des miettes» aux plus démunis, l’Observatoire des inégalités plaide pour la création d’un revenu minimum unique (RMU) de 900 euros mensuels pour les plus précaires.

Une mesure évaluée à 7 milliards d’euros et qui permettrait de toucher notamment les 18-24 ans, aujourd’hui exclus du RSA.

L’impact de la pandémie à mesurer
L’Observatoire utilise les données de l’Insee, dont les plus récentes datent de 2018. Il faudra donc attendre l’automne 2022 pour pouvoir analyser avec précision cette année de Covid.

Mais des données existent déjà. Une bonne nouvelle d’abord : environ 80% des Français n’ont quasiment pas subi de conséquences du confinement.

Mais les réjouissances s’arrêtent là. En 2020, le PIB devrait chuter de 10%. Sur le front de l’emploi, le nombre de chômeurs avait déjà augmenté de 360 000 au mois de septembre.

D’ici la fin de l’année, la hausse devrait être comprise entre 800 000 et 900 000 personnes.

«De nombreuses personnes vont probablement basculer pour un moment dans la pauvreté, suite à la perte de leur emploi.

Les moins qualifiés notamment», avertit l’Observatoire des inégalités.

Et là encore, les jeunes devraient trinquer : «Si les personnes âgées ont subi les plus lourdes conséquences en termes de santé, les jeunes vont payer l’addition en matière d’emplois et de revenus.»

(1) L’Observatoire des inégalités utilise un seuil de pauvreté à 50% du revenu médian, contre 60% dans la plupart des études statistiques, jugeant la représentation de la pauvreté ainsi moins hétérogène et donc plus fidèle.



Source : msn
Crédit photo : Capture d’écran

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