Ce qu’il faut retenir de l’audition d’Alexandre Benalla sur les passeports diplomatiques…

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Ce qu’il faut retenir de l’audition d’Alexandre Benalla sur les passeports diplomatiques…

Alexandre Benalla, l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron a été auditionné ce lundi 21 janvier, par la commission d’enquête sénatoriale, sur l’usage de passeports diplomatiques après son limogeage par l’Élysée fin juillet 2018. À plusieurs reprises cette audition a viré au bras de fer avec les membres de la commission présidée par Philippe Bas, Alexandre Benalla se réfugiant derrière le secret de l’instruction judiciaire.

La commission d’enquête des lois du Sénat a auditionné ce lundi 21 janvier Alexandre Benalla, l’ancien chargé de mission à la présidence de la République, à propos de l’usage de ses passeports diplomatiques après avoir été limogé en juillet par l’Élysée. Il avait déjà été entendu le 19 septembre par cette même commission après sa mise en examen pour des violences sur des manifestants le 1er mai, alors qu’il était « observateur » aux côtés de la police.

La commission d’enquête du Sénat, dont le mandat prend fin jeudi, a tenté d’obtenir des éclaircissements sur l’utilisation et l’obtention de passeports diplomatiques et de service par Alexandre Benalla ainsi que sur le téléphone hypersécurisé Teorem, d’une valeur de plus de 2 000 €, à sa disposition.

Dans un propos liminaire, Alexandre Benalla s’est offusqué contre le « lynchage en règle »etle « déferlement médiatique » dont il « continue de faire l’objet ».

« Derrière la carapace, il y a un homme, sa femme, son fils qui avait un an et demi au déclenchement de cette affaire » a-t-il poursuivi avant de répondre aux questions de la commission.

Voici ce qu’il faut retenir des échanges de ce lundi 21 janvier après-midi.

Des débats houleux avec la commission

Alexandre Benalla a inlassablement refusé de répondre aux questions de la commission d’enquête sénatoriale sur l’attribution de ses passeports diplomatiques, livrant à chaque fois la même réponse au sénateur Jean-Pierre Sueur (PS), co-rapporteur de la commission : « Les conditions d’attribution, de détention et d’obtention, ainsi que de restitution de ce passeport concerne l’information judiciaire en cours » a martelé Alexandre Benalla.

Une attitude qui lui a valu plusieurs rappels à l’ordre de Philippe Bas (LR), président de la commission.

« Vous avez une conception singulière du respect des institutions » lui a lancé l’élu.

« Vous vous abritez derrière la question de la justice quand ça vous arrange » a poursuivi Philippe Bas, un brin agacé par le comportement de l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron.

Lui signifiant au passage qu’un faux témoignage, sous-serment, était passible de 5 ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende.

« Le fait que vous ne répondiez pas engendre les soupçons » a également souligné Jean-Pierre Sueur.

« J’ai le droit de ne pas m’auto-incriminer » lui a répondu Alexandre Benalla.

Sur les passeports

Questionné plusieurs fois sur ses déclarations du 19 septembre dernier, lors de sa première audition par cette même commission sénatoriale, Alexandre Benalla a une nouvelle fois expliqué qu’il n’avait pas menti à propos de ses passeports,contrairement à ce qu’affirmait, mercredi dernier, Patrick Strzoda, directeur de cabinet du président de la République.

« Je vous le réaffirme solennellement […], je ne vous ai pas menti le 19 septembre lorsque je vous ai dit que mes passeports étaient à l’Élysée.

Je les ai restitués dans le courant du mois d’août 2018 et ils m’ont été rendus à nouveau début octobre 2018.

On m’a fait savoir que ces passeports n’étaient pas désactivés » a déclaré l’ancien chargé de mission d’Emmanuel Macron.

Refusant à de nombreuses reprises de répondre sur le sujet, Alexandre Benalla a fini par lâcher que « ces passeports m’ont été délivrés normalement », Philippe Bas estimant que son silence pouvait laisser penser que la question le gênait.

Sur ses déplacements

L’ancien proche d’Emmanuel Macron a affirmé, devant la commission des lois, que ses déplacements à l’étranger avec ses passeports diplomatiques, qu’il avait conservés après son licenciement, n’avaient « aucun rapport » avec ses précédentes fonctions auprès du président de la République.

Il a notamment expliqué avoir « prévenu des membres de la présidence de la République », sans citer de noms, de son déplacement au Tchad.

« Je l’ai fait par courtoisie et non par obligation » a-t-il détaillé devant les sénateurs.

« Il s’agissait de déplacements à titre privé. Je n’ai pas été reçu au Tchad pour remplir une fonction concernant mon ancien employeur, ni mon ancienne activité » s’est justifié Alexandre Benalla.

Pour autant, il a reconnu avoir commis « un certain nombre d’erreurs », notamment en utilisant ses passeports diplomatiques pour se rendre à l’étranger.

« C’était une connerie de les avoir utilisés » a-t-il concédé.

« C’était une bêtise de ma part, il n’y avait aucune nécessité à utiliser ces passeports » a redit Alexandre Benalla, répondant à une sénatrice lui demandant pourquoi il n’avait pas fait usage d’un passeport « normal ».

Sur son selfie avec une arme

Invité à revenir sur son selfie le montrant avec une arme, Alexandre Benalla a répondu qu’il se l’était procurée par ses propres moyens, et en toute légalité.

« L’arme qui a été a acquise dans le cadre de l’autorisation qui m’a été accordée en 2017 l’a été par moi-même.

Toutes les armes que je détenais ont été saisies par la justice dans le cadre de l’information judiciaire. »

Sur son téléphone sécurisé

À propos du téléphone sécurisé Teorem qu’il avait à disposition à l’Élysée, Alexandre Benalla a rappelé la situation délicate dans laquelle il se trouvait à cette époque.

« Après le 1er août, la situation était confuse. J’ai déménagé quatre fois en six mois.

Ce téléphone ne m’a jamais été redemandé et je ne savais pas que je l’avais à ma disposition avant le mois de décembre » alors que l’appareil a été désactivé le 4 octobre.

Il a ensuite ajouté qu’il avait retrouvé ce téléphone dans ses cartons de déménagement et que celui-ci, « n’avait pas été utilisé » depuis son renvoi de l’Élysée en juillet 2018.

« Je n’ai jamais été informé qu’il fallait le restituer » a-t-il expliqué, pointant du doigt les manquements des services de l’État.

« Ils ont découvert, par mon avocate, que je l’avais encore. »

Sur ses activités depuis son licenciement

Interrogé par Jean-Pierre Sueur sur ses activités professionnelles postérieures à son départ de l’Élysée, Alexandre Benalla s’est une nouvelle fois refusé à tout commentaire.

« Je pense que ça rentre dans le domaine de l’instruction.

Ma vie d’aujourd’hui me concerne moi et seulement moi » a-t-il rétorqué, calmement, à l’élu socialiste.

 

Source : https://www.ouest-france.fr

Crédit photo : capture d’écran

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