Covid-19 : ces symptômes qui peuvent apparaître bien après l’infection

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Il arrive que certains symptômes de la Covid-19, comme l’essoufflement, ne soient pas ressentis par les malades au moment de l’infection, mais bien après.

État des connaissances sur ce que l’on appelle la “Covid longue”.
C’est une maladie qui reste encore bien mystérieuse.

Entre formes graves et bénignes, courtes et longues, la Covid-19 donne du fil à retordre aux soignants.

Alors que la campagne de vaccination s’intensifie aux quatre coins du monde, on cherche toujours à améliorer la prise en charge des malades qui n’ont pas échappé aux griffes du Sars-CoV-2.

Si les anti-inflammatoires semblent faire leurs preuves sur les cas graves, à l’instar du tocilizumab et de la dexaméthasone, l’équation est loin d’être résolue en ce qui concerne le traitement de la “covid longue durée”.

Difficile d’expliquer, par exemple, que des personnes infectées n’aient pas directement ressenti qu’elles étaient essoufflées… pour finalement en souffrir davantage quelques semaines après.

“C’est même surprenant et c’est là où on ne comprend pas très bien cette maladie.


Les gens tolèrent relativement bien, jusqu’à un certain moment, les symptômes respiratoires”, commente Olivier Robineau, médecin au service des maladies infectieuses et du voyageur au centre hospitalier de Tourcoing.

Après un an de pandémie, celui qui coordonne l’étude “Cologate”, destinée à mieux cerner les causes des symptômes persistants post-Covid, identifie deux catégories de patients : ceux qui ont été hospitalisés pour une forme sévère et qui peinent à s’en remettre plus de six mois après la maladie, et ceux qui ont manifesté peu de symptômes et qui ne présentaient pas de vulnérabilités particulières.

Car oui, qu’on ait contracté une forme grave ou non de la Covid-19, on n’est pas à l’abri de rester fatigué et essoufflé du matin au soir, même avec une condition physique digne d’un marathonien.

La Haute autorité de santé (HAS) a publié, vendredi 12 février, un rapport, à destination des professionnels de santé, où figurent quelques pistes pour diagnostiquer et prendre en charge les adultes présentant des symptômes prolongés de la Covid-19.

On fait le point.

Fatigue, essoufflement… à quel moment faut-il s’inquiéter ?

Si les symptômes qui persistent peuvent sembler banals, comme la fatigue ou l’essoufflement, il est recommandé de ne pas trop tarder avant de consulter.


“Au bout d’un mois, si on est encore essoufflé, on peut se poser des questions, indique Olivier Robineau, car même si au bout du compte, l’organe touché sera soigné, plus le temps passe, plus le patient aura du mal à se défaire de ses symptômes”.

En fait, c’est un peu la même logique que les fractures chez les sportifs, plus tôt on est pris en charge, plus on a de chances de retrouver la condition physique qu’on avait avant la blessure.

De son côté, la HAS rappelle et souligne la singularité de chaque cas, et invite les soignants à bien individualiser la prise en charge. Et pour cause, les médecins peuvent recevoir des personnes qui ne parviennent toujours pas à retrouver le goût et l’odorat, plusieurs semaines ou mois après l’infection.

Mais qui ne présentent pas forcément d’autres symptômes comme la fatigue, l’essoufflement ou les troubles digestifs.

Il y a d’autres cas en revanche, où des patients vont souffrir dans la durée d’une association de ces symptômes qui, nécessitera peut-être une hospitalisation.

L’infectiologue se montre toutefois rassurant : “qu’on mette trois ou six mois à se remettre d’une infection pulmonaire quand on a été hospitalisé, ça n’a rien de choquant”.

Mais passé six mois, il concède que “cela devient long”. De même pour les cas moins sévères de la Covid-19, ne pas être remis sur pied après trois semaines “n’est pas forcément inquiétant, même si c’est inhabituel”, estime Olivier Robineau.

“Prenons l’exemple de la mononucléose infectieuse, plus courante chez les enfants. Lorsqu’elle survient chez l’adulte, il n’est pas étonnant d’être encore fatigué pendant six mois, voire un an”.

Interrogations sur la cause réelle des symptômes

Reste que la liste des symptômes qui persistent après l’infection est longue comme le bras ! Mis à part la perte du goût et de l’odorat ou la fatigue isolée qui sont directement associées à la Covid-19, d’autres symptômes sont moins évocateurs de la maladie.

“On a des patients qui se plaignent de douleurs thoraciques, de brouillard cérébral et même de troubles digestifs”, raconte Olivier Robineau, qui ne se risque pas à faire de raccourcis.


Car si ses patients ont tendance à relier au coronavirus tous leurs symptômes qui persistent, le médecin suggère de ne pas écarter d’autres causes probables.

“Si on prend l’exemple d’un patient essoufflé plus d’un mois après l’infection, on va lui faire passer tout un tas d’examens standards qui permettent par exemple de repérer une conséquence grave de la Covid, comme une embolie pulmonaire, qui serait passée inaperçue au début de la maladie.

S’il y a des images au scanner, on se dit que c’est normal”.

Le mystère s’épaissit pour une large partie des patients dont les examens reviennent normaux.

“Si le patient est essoufflé mais que tout est normal au scanner, on peut éliminer les conséquences individualisables de la Covid”, commente Olivier Robineau. Mais que faire alors que de multiples questions demeurent sans réponse ?

“D’un côté, il y a un certain soulagement de voir qu’il n’y a rien de grave de détecté aux examens médicaux.

Mais de l’autre, c’est aussi angoissant parce que les gens ne comprennent pas vraiment ce qu’ils ont”.

A ce jour, on n’est pas certain que les symptômes persistants pendant des mois après avoir contracté la Covid-19 soient réellement la conséquence de l’infection au Sars-CoV-2.

“Les patients ont souvent tendance à relier leurs symptômes à un événement marquant dans leur vie récente, comme le coronavirus.

Mais il pourrait bien s’agir d’un syndrome post-infectieux”, suppose Olivier Robineau.

Pour autant, même si certaines personnes souffrent encore à des degrés divers au bout de six, voire neuf mois, le médecin assure que globalement, l’état de santé des patients pris en charge s’améliore.

“Ils évoluent favorablement, mais lentement, en alternant des phases d’amélioration et d’aggravation, mais les patients ne se retrouvent jamais dans un état plus grave qu’au début”.

L’infectiologue espère même être en mesure d’affirmer que, d’ici quelques mois, “au bout d’un an et demi, tout va bien”.

Source : capital.fr

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