Covid-19. Cinq questions sur le vaccin promis par les laboratoires Pfizer et BioNTech….

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Covid-19. Cinq questions sur le vaccin promis par les laboratoires Pfizer et BioNTech…..

Les laboratoires Pfizer et BioNTech ont annoncé ce lundi 9 novembre que leur vaccin était efficace à 90 % contre le Covid-19. En quoi consiste ce vaccin ? Quand sera-t-il disponible ? Est-il si sûr ? On fait le point sur les questions qui se posent à ce sujet.

Les laboratoires Pfizer et BioNTech ont annoncé ce lundi 9 novembre que leur vaccin était efficace à 90 % contre le Covid-19. En quoi consiste ce vaccin ? Quand sera-t-il disponible ? Est-il si sûr ? On fait le point sur les questions qui se posent à ce sujet.

L’annonce a fait naître un immense espoir. Alors que le monde se bat contre la deuxième vague de l’épidémie de coronavirus, le vaccin contre le Covid-19, développé par Pfizer et BioNTech, est « efficace à 90 % » , ont affirmé ce lundi 9 novembre les deux laboratoires dans un communiqué.



« Aujourd’hui est un grand jour pour la science et l’humanité. Le premier ensemble de résultats de notre essai de vaccin Covid-19 de phase 3 fournit la preuve initiale de la capacité de notre vaccin à prévenir [cette maladie] », a déclaré le Dr Albert Bourla, président-directeur général de Pfizer.

La plupart des scientifiques ne misaient pourtant pas sur l’arrivée d’un vaccin avant l’été 2021. Alors, faut-il croire en cette bonne nouvelle ? On fait le point.

En quoi consiste ce vaccin ?
Le candidat-vaccin (BNT162b2) est un sérum à injecter à deux reprises, à trois semaines d’intervalle, développé par deux laboratoires, l’un américain, Pfizer, l’autre allemand, BioNTech.

Les 90 % d’efficacité correspondent à la protection observée sur un échantillon de participants à la phase 3 de l’essai clinique, c’est-à-dire l’étude du rapport entre les bénéfices contre les risques liés au vaccin.

Durant l’essai mené à grande échelle, la protection des patients a été obtenue sept jours après la deuxième des deux doses et 28 jours après la première, selon les résultats préliminaires.

L' »efficacité vaccinale » a été mesurée en comparant le nombre de participants infectés par le nouveau coronavirus dans le groupe qui a reçu le vaccin et dans celui sous placebo ((substance sans principe actif mais dont la prise peut avoir un effet psychologique bénéfique sur le patient), «sept jours après la deuxième dose» et 28 jours après la première, ont expliqué les deux sociétés.

L’essai du nouveau vaccin, BNT162b2, a débuté fin juillet et s’est appuyé sur 43 538 participants à ce jour.

L’analyse intermédiaire a été menée après que 94 participants à l’essai ont développé le Covid-19.

Comment agit-il ?
Le vaccin Pfizer est, comme celui de la société de biotechnologie américaine Moderna, basé sur la technique dite de l’ARN messager : la molécule dit à nos cellules ce qu’il faut fabriquer.



L’ARN messager du vaccin s’insère et prend le contrôle pour fabriquer un antigène spécifique du coronavirus, la « spicule » du coronavirus, sa pointe si reconnaissable qui se trouve à sa surface et lui permet de s’attacher aux cellules humaines pour y entrer.

Cette pointe, inoffensive en elle-même, sera ensuite détectée par le système immunitaire qui va produire des anticorps, et ces anticorps vont rester. En somme, c’est l’organisme qui fait tout le travail.

Les essais cliniques sont-ils terminés ?
L’essai à grande échelle se trouve actuellement en phase 3, c’est-à-dire dans la dernière étape avant une demande d’homologation. Les « tests » quant à l’efficacité de ce vaccin ne sont donc pas officiellement terminés.

« L’essai clinique se poursuit jusqu’à l’analyse finale de 164 cas confirmés afin de collecter des données supplémentaires et de caractériser les performances du candidat-vaccin par rapport aux autres critères d’évaluation de l’étude », précise le communiqué.

Pfizer a indiqué qu’il rassemblait les deux mois de données sur la sécurité après la dose finale, exigées par l’autorité sanitaire américaine, la Food and Drug Administration (FDA), pour pouvoir « se qualifier » pour une autorisation d’utilisation d’urgence d’ici la troisième semaine de novembre.

Est-il aussi sûr que le dit le laboratoire ?
Premier hic, la technologie de l’ARN messager est une technique nouvelle, qui n’a encore jamais fait ses preuves à ce jour : aucun vaccin à ADN ou ARN n’a été approuvé pour l’homme. Des vaccins à ADN existent en revanche à usage vétérinaire : chevaux, chiens, saumons…

Le second, c’est que ni les médecins ni les participants ne savent s’ils ont reçu le vaccin ou le placebo. Impossible donc de savoir ce qui a causé la guérison.

Si l’Organisation mondiale de la santé a salué ces résultats encourageants, elle a aussi fait preuve de prudence, en exhortant les autres laboratoires à continuer leurs recherches. « Cette nouvelle devrait encourager tous ceux qui développent des vaccins #COVID19 à poursuivre les essais cliniques », a tweeté Soumya Swaminathan, scientifique en chef de l’OMS.



Aucun vaccin n’a encore reçu d’approbation pour une distribution commerciale à grande échelle. Mais les autorités chinoises ont donné leur feu vert à une utilisation d’urgence pour certains de ces vaccins.

Selon l’OMS, dix essais cliniques de vaccins sont actuellement en phase 3 dans le monde, dont ceux de Moderna, de plusieurs laboratoires étatiques chinois et du britannique AstraZeneca, en collaboration avec l’université d’Oxford. Pfizer et BioNTech sont les premiers à rendre publics des résultats intermédiaires de ces essais.

La communauté scientifique s’est elle aussi montrée prudente face à l’arrivée rapide de ce vaccin, comme en témoigne le tweet du médecin Gilbert Deray de l’hôpital de la Pitié-Saplêtrière de Paris.





Quand ce vaccin sera-t-il disponible ?
Si ces résultats se confirment, les deux laboratoires pourraient demander une mise sur le marché à partir de la fin du mois de novembre, et les distribuer entre la fin de l’année 2020 et 2021.

« L’objectif annoncé est de fournir jusqu’à 100 millions de doses dans le monde d’ici fin 2020, et environ 1,3 milliard de doses d’ici fin 2021 », présentait un communiqué de Pfizer du 23 octobre.

L’Union européenne a annoncé « bientôt » finaliser son contrat avec les deux laboratoires pour l’obtention de 300 millions de doses. Selon une source européenne, l’Agence européenne des médicaments (EMA) est en train d’examiner les données du vaccin développé par Pfizer et BioNTech, et l’Union Européenne envisage toujours qu’un vaccin puisse être disponible « début 2021 ».

Après l’avis de l’EMA, c’est à la Commission européenne de trancher sur la mise sur le marché d’un vaccin dans l’UE. Le gouvernement américain, sous l’impulsion de Donald Trump, a aussi signé un contrat de 1,95 milliard de dollars avec Pfizer pour la livraison de 100 millions de doses, si jamais le vaccin était approuvé.



Source : ouest-france
Crédit photo : Capture d’écran

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