Covid-19, universités,… Ce qu’il faut retenir de l’interview d’Emmanuel Macron à Brut….

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Emmanuel Macron a donné une interview au long cours au média en ligne Brut, vendredi 4 décembre 2020.

Violences policières, coronavirus, écologie, séparatismes, universités, racisme… La liste des thématiques abordées par Emmanuel Macron lors de son entretien sur le média en ligne Brut vendredi 4 décembre, est longue.

Pendant plus de deux heures, le chef de l’État a tenté d’éclaircir sa position sur les sujets chauds du moment avec, en ligne de mire, la volonté de resserrer ses liens avec la jeunesse.

Une interview fleuve de plus de deux heures. Un média choisi pour parler aux jeunes. Emmanuel Macron s’est adonné au jeu des questions-réponses en direct sur le plateau de Brut, ce vendredi 4 décembre 2020 à partir de 16 h avec, pour objectif, de s’adresser à la jeunesse, à cette « génération Covid ».

Emmanuel Macron a répondu aux questions des journalistes, mais aussi des internautes postées sur les différents réseaux sociaux autour de nombreuses thématiques : la laïcité, l’identité, l’écologie mais aussi la crise sanitaire du Covid-19 et les violences policières.

« Il y a des policiers violents »

« Je vais vous raconter ce que j’ai vu, il y a quelques jours, place de la République à Paris. » Ce 24 novembre, les images de l’évacuation d’un camp de migrants par la police choquent la France. Rémy Buisine, journaliste pour Brut, y était et a lui même été victime de violences.

« De tels comportements de la police en 2020, c’est normal monsieur le Président ? » demande-t-il à Emmanuel Macron. « Non, admet le chef de l’État. Après, il faut comprendre dans quel cadre ils sont faits et comment on les corrige. »

L’échange, relativement posé au début, s’est quelque peu emballé lorsque la question de l’utilisation du terme « violences policières » a été abordée. « Il y a un problème avec ce terme car il est politisé. Il veut dire que la violence est consubstantielle à la police, et ça, je dis non, estime le chef de l’État. J’attends d’un policier l’exemplarité.



Il y a de la violence dans notre société, il y a des policiers violents qu’il faut sanctionner.  Mais la police n’est pas dans un camp, elle protège l’ordre républicain. Je n’ai pas de problème à répéter le terme de violences policières mais je le déconstruis car c’est devenu un slogan pour des gens qui ont un projet politique. »

Emmanuel Macron a, par ailleurs, dénoncé les violences menées contre une policière « attaquée par des fous », des « gens ensauvagés » lors de la manifestation samedi 27 novembre à Paris contre le texte de loi « Sécurité globale ».

Caméra-piéton pour les policiers

En dehors des violences récentes, que ce soit place de la République ou à l’encontre de Michel Zecler, producteur de musique violenté par des policiers à Paris, la question des contrôles au faciès dans les quartiers est posée à Emmanuel Macron par la journaliste Yagmur Cengiz.

À cela, le Président annonce la généralisation de caméra-piéton pour les policiers, prévue par la proposition de loi « Sécurité globale ». Des équipes de médiations en manifestation, chargées de faire le lien entre les manifestants et les forces de sécurité, verront aussi le jour.

Une plateforme de signalements des discriminations

Pour lutter contre les discriminations et les contrôles au faciès, Emmanuel Macron a annoncé la création de deux dispositifs.

Une première plateforme où il sera possible de signaler toute forme de discrimination (logements, travail, couleur de peau…) sera lancée en juin.

Une seconde plateforme, sera spécifiquement consacrée aux contrôles de rues, constituée d’un site internet et d’un numéro d’appel. Des « juges seront formés » sur ces sujets, appuie Emmanuel Macron, qui voit en ces dispositifs deux moyens de « rétablir la confiance ».

Quel avenir pour l’article 24 de la loi « Sécurité globale » ?

Depuis plusieurs semaines, cet article fait polémique. Jugé liberticide par la presse, il interdit de filmer les policiers en intervention.

« Ne faudrait-il pas le supprimer » plutôt que de le réécrire comme cela a été proposé récemment demandent les trois journalistes présents sur le plateau de Brut ?

« C’est une proposition de loi », précise Emmanuel Macron, assurant que des amendements et des réécritures auront lieu. Le texte doit encore passer au Sénat avant de revenir à l’Assemblée nationale, qui l’a validé en première lecture.

Emmanuel Macron a, ensuite, assuré que tout journaliste, tout citoyen, pourra continuer à filmer les forces de l’ordre et à diffuser les images. Tout en affirmant que « un, nous devons renforcer la sécurité des policiers, et deux, la réponse à apporter ne peut pas être en réduisant les libertés de la presse. […] Je ne veux pas laisser dire qu’on réduit les libertés en France », martèle le chef de l’État.

Covid-19 : « Je n’aurais pas de leçon de morale à donner »

Avoir 20 ans 2020, en pleine pandémie de Covid-19, n’a rien d’une partie de plaisir. Universités fermées, décrochage scolaire, isolement, précarité,… Les jeunes accumulent les difficultés depuis le début de l’année. Alors, sur la question des fêtes clandestines, le Président le dit : « Je n’aurais pas de leçon de morale à donner. Je comprends la solitude et la souffrance de ces jeunes. » Cet appel du pied à la jeunesse montre bien le souhait d’Emmanuel Macron de vouloir renouer ses liens avec elle.



S’ensuit une liste des aides mises en place pour les jeunes : Un jeune, une solution ; garantie jeunes ; l’aide de 150 €, etc. À la question « à quand un RSA pour les moins de 25 ans ? » postée par un internaute, Emmanuel Macron répond : « Je ne suis pas un grand fan de cette solution. Je préfère des solutions d’incitations de retour à l’emploi. »

Les universités pourraient rouvrir plus tôt

Au départ annoncée pour courant février, la réouverture des universités pourrait avoir lieu plus tôt selon Emmanuel Macron, « si les conditions sanitaires le permettent ». Le gouvernement viserait plutôt janvier avec une ouverture des TD (travaux dirigés) et des amphithéâtres, en demi-effectif. Pour le président de la République, les universités restent des lieux « où il y a beaucoup de circulation », et donc de contaminations.

Le Président en a profité pour faire un point sur la vaccination contre le coronavirus. Pour lui, « c’est contre-productif de rendre la vaccination obligatoire » et un retour à la vie normale ne peut être espéré avant « le printemps, voire l’été prochain. Le vaccin n’est la solution que quand 50 à 60 % de la population sera immunisée », temporise-t-il. Il a d’ailleurs annoncé qu’il ne se ferait pas vacciner tout de suite, ne faisant pas partie des personnes dites « prioritaires ».

Un « échec du modèle d’intégration à la française »

Dans quelques jours, le 9 décembre, le projet de loi sur les séparatismes doit être présenté en Conseil des ministres.

Interrogé à ce sujet par le journaliste Thomas Snégaroff, Emmanuel Macron a précisé ses intentions au travers de ce texte : « Cette loi veut combattre le projet idéologique islamiste. Nos échecs, c’est le ressentiment qui est né dans une partie de la population, l’échec de l’intégration à la française, admet le chef de l’État. Et il y a ensuite le ressentiment économique et social. Ces facteurs n’excusent pas le terrorisme, mais aident à l’expliquer ».



 



Pour Emmanuel Macron, la France « n’a pas de problème avec l’islam ». Il est ensuite interrogé sur un point précis du texte, l’enseignement de l’arabe à l’école.

Il doit, selon le Président, permettre « d’empêcher que cette langue ne soit utilisée pour détourner les jeunes de la République » en étant enseigné dans des structures autres que l’école,mais aussi « de permettre la réconciliation des mémoires ».

Le glyphosate, « un échec collectif » pour le chef de l’État

L’écologie était un sujet attendu de cet échange entre les jeunes et Emmanuel Macron avec, notamment, la question du glyphosate. Le chef de l’État avait promis l’interdiction de ce produit au début de son mandat. Aujourd’hui, il n’en est rien.

Emmanuel Macron a plaidé la « faute collective. Si on l’interdit en France, il y a une distorsion de concurrence quand les autres pays européens ne vont pas au même rythme que nous, et ça nous met en danger économiquement sans régler le problème. Quand on veut lutter contre les pesticides, l’Europe est au bon niveau. »

Sur la question de l’écologie, le chef de l’État a jugé nécessaire de se justifier avec emphase sur les actions menées depuis le début de son mandat : « La transition écologique est essentielle et on est les premiers à le faire. On est en train de fermer toutes les centrales à charbon », se défend-il. « Je n’ai pas de leçon à recevoir. » Ni plus ni moins.

Violences faites aux femmes : « il faut libérer la parole »

« Pourquoi les violences faites aux femmes continuent d’augmenter ? » demande les journalistes à la suite d’une question d’un étudiant. « Ces violences, on y répond beaucoup plus fortement. Ça revient au début de notre conversation, la société est violente. Au sein des foyers, il y a les violences faites à l’encontre des enfants, mais aussi celles faites aux femmes. »

Après avoir égrené les différents dispositifs mis en place ces dernières années (1), Emmanuel Macron a encouragé les victimes à « porter plainte. Il faut lutter contre l’auto-censure et libérer la parole. »

À quand la gratuité des protections périodiques en France ?

Si Emmanuel Macron n’a rien annoncé sur cette question ce vendredi 4 décembre, il promet « qu’une réponse très concrète sera donnée » lors du premier semestre 2021.

L’Écosse a été le premier pays au monde à rendre gratuites les protections hygiéniques le 25 novembre. De quoi ouvrir la voie pour ses voisins proches lointains.

(1) Les femmes victimes de violences peuvent contacter le 3919. Gratuit et anonyme, ce numéro de téléphone est, en raison des circonstances exceptionnelles dues à l’épidémie du coronavirus et jusqu’à nouvel ordre, accessible de 9 h à 19 h du lundi au samedi.

Source : ouest-france
Crédit photo : Capture d’écran

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