« Des images choquantes » : Darmanin contre « l’article 24 » ?….

Facebook 0 Twitter 0 Google+ 0 Linkedin 0 Mail

Dommage, l’indigne article 24 de la loi sur la « sécurité globale », qui rendra beaucoup plus compliquée la diffusion d’images de policiers lors de manifestations, a déjà été voté, vendredi dernier.



Dommage, parce qu’un formidable avocat est intervenu ce lundi soir pour lui asséner un brillant coup de pioche, net et sans bavure. Le nom de cet avocat ? Gérald Darmanin.

A la suite de l’évacuation violente d’un camp de migrants place de la République à Paris, le ministre de l’Intérieur a tweeté :

« Certaines images de la dispersion du campement illicite de migrants place de la République sont choquantes.

Je viens de demander un rapport circonstancié sur la réalité des faits au préfet de police d’ici demain midi. Je prendrai des décisions dès sa réception. »

Autrement dit, l’avocat Gérald nous informe que le ministre Darmanin a trouvé utiles ces images, pour se faire un jugement et pour éviter des abus futurs.

Il nous dit, en creux, qu’il serait absurde de se priver de ces vidéos et ces photos.

Que l’article 24 serait un recul pour les libertés publiques et la démocratie.

Qu’y voit-on ? Des gendarmes qui délogent des migrants sans prendre aucun égard.

L’un d’eux tombe d’une tente qu’on soulève brutalement, comme un vieux paquet de chiffons.

On y voit un reporter frappé au sol par un grand flic au crâne rasé sur les côtés.On y voit des élus empêchés de se rendre sur les lieux.

Il y a de quoi être choqué, et d’ailleurs même le « premier flic de France » l’a été.



« Nous n’avons pas voté pour ça » : 33 personnalités interpellent Macron sur les lois « sécurité globale » et « séparatisme »
Du chaos, une prise de conscience ?
Bien sûr, le gouvernement répète que l’article 24 n’interdit nullement de filmer ou photographier les manifestations et les charges policières, que des juges seront chargés de vérifier l’intention malveillante des images, etc. Mais quelle interprétation en sera faite, sur le terrain, par les forces de l’ordre, par les manifestants ou par les journalistes ? Il y a fort à craindre qu’on hésitera à deux fois avant de sortir son smartphone de sa poche dans le feu de l’action.

Et cela, en soi, est un véritable recul du droit des citoyens à l’information.

L’article 24 « risque d’entraîner sur le terrain des comportements attentatoires à la liberté de la presse »
Les images qui ont choqué Darmanin feront-elles enfin comprendre au gouvernement que la France file un mauvais coton ? Que son image internationale commence à en pâtir ? Que oui, quoi qu’ils en pensent, même les chantres du « en même temps », les promoteurs de la modération politique, les hérauts du combat contre le RN et les régimes illibéraux, peuvent se laisser glisser sur une pente autoritaire intolérable ? La Commission européenne elle-même commence à froncer les sourcils.

Elle a cru bon rappeler lundi dans une mise en garde que les journalistes devaient pouvoir « faire leur travail librement et en toute sécurité ».

On peut espérer que du chaos de la place de la République ce lundi 23 novembre sortira une prise de conscience.



Source : msn.com
Crédit photo : Capture d’écran

Facebook 0 Twitter 0 Google+ 0 Linkedin 0 Mail