Des policiers « à bout » appellent à un « Acte 1 de la police », d’autres lancent « les gyros bleus »

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Mobilisés en nombre dans les manifestations de gilets jaunes et après l’attaque de Strasbourg, les policiers rappellent qu’ils ont aussi des revendications.

Faut-il s’attendre à un nouveau front social? Le syndicat Unité SGP Police a « annoncé solennellement », dans un message posté sur Twitter ce samedi 15 décembre, « l’acte 1 de la colère des policiers », reprenant le terme utilisé par les gilets jaunes pour leurs mobilisations hebdomadaires, organisées depuis le 17 novembre.

« Les policiers sont à bout et ne bénéficient d’aucune reconnaissance », indique encore le tweet du syndicat, appartenant à la fédération Force ouvrière (FO).

« Après les annonces du président de la République, rien pour les gradés, gardiens et adjoints de sécurité ! C’est inacceptable ! » écrivait encore le syndicat au soir des annonces du président face à la crise des gilets jaunes.

Invitée de BFMTV ce samedi, la déléguée nationale SGP Police Linda Kebbab avait déjà « annoncé solennellement » cet acte 1 qui « se prépare ».

« Les policiers ont aussi des revendications (…) on a beaucoup de dispositions politiques qui sont complètement contraires aux intérêts sociaux des salariés et plus particulièrement des policiers », avait-elle estimé, citant notamment le gel du point d’indice des fonctionnaires au 1er janvier 2019 ou encore l’allongement du délai de carence carence en cas de maladie d’un à trois jours dans la fonction publique. Votée au Sénat, cette mesure doit encore être adoptée par l’Assemblée nationale.

Le gouvernement y est défavorable.

« On a demandé l’augmentation de l’allocation de maîtrise (une prime annuelle versée « au titre du service continu », ndlr), a précisé Linda Kebbab.

On demande plus de CRS, une validation des acquis des adjoints de sécurité, une reconnaissance du statut des policiers techniciens et scientifiques, une prime pour les administratifs, la prise en charge pour les mutuelles par notre ministère, les heures supplémentaires défiscalisées ».

« On a tenté le dialogue social, ça ne marche pas », assure la déléguée nationale.

Alliance demande « un véritable plan Marshall »

Le syndicat policier Alliance avait de son côté dénoncé jeudi 13 décembre une « situation explosive » chez les forces de l’ordre, mises à « rude épreuve » entre nouvelle mobilisation des « gilets jaunes » et lutte antiterroriste, après l’attentat de Strasbourg.

« Au vu de l’engagement sans faille des policiers, nous exigeons un retour immédiat sur l’investissement, avec un véritable plan Marshall », a expliqué à l’AFP Frédéric Lagache, numéro deux du syndicat de gardiens de la paix et de gradés, Alliance.

« Les forces de l’ordre vont éprouver de plus en plus de difficultés à assumer tous les fronts », a résumé le syndicat. Selon Frédéric Lagache, les policiers « entre épuisement et colère, en ont assez des gratitudes et veulent des actes » de la part du gouvernement.

« Des commissariats vont finir par fermer », a prévenu le syndicaliste. Celui-ci réclame pour les policiers « des avancées sociales et la juste rétribution de leur engagement », avec le paiement des heures supplémentaires, des astreintes ou encore des heures de nuit.

Dans une vidéo postée sur Facebook, le syndicat dénonce lui aussi le vote au Sénat d’une disposition visant à porter les jours de carence en cas de maladie d’un à trois.

Après les gilets jaunes, les « gyros bleus » ?

Des policiers en colère, rejoints par les « Femmes des forces de l’ordre en colère » (FFOC), appellent à une journée de mobilisation le 20 décembre sur les Champs-Élysées à 21h30, rapporte LCI. Sous le mot-clé « LesGyrosBleus », le mouvement « spontané, apolitique, asyndical », appelle les policiers à se réunir devant le commissariat du 8e arrondissement de Paris.

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Selon le vice-président de l’association « Mobilisation des policiers en colère » (MPC), qui se dit elle aussi « apolitique et asyndicale », l’idée de se rassemblement est née « après la prise de parole d’Emmanuel Macron » lundi, en réponse aux gilets jaunes.
« Le président a fait des annonces pour certaines personnes, et pas pour d’autres.
Une fois de plus nous sommes les grands oubliés, estime Guillaume Lebeau.

La fatigue se ressent et le ras-le-bol est grandissant ».

En juillet 2018, un rapport sénatorial avait invité l’exécutif à faire de la lutte contre « le malaise » des forces de sécurité intérieure, « une exigence républicaine ».

 

Source: https://m.huffingtonpost.fr/2018/12/16/des-policiers-a-bout-appellent-a-un-acte-1-de-la-police-dautres-lancent-les-gyros-bleus_a_23619492/

Crédit photo : capture d’écran

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