Deux anciens candidats de La France insoumise à Toulouse dénoncent la dérive clanique de Mélenchon

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Deux anciens candidats de La France insoumise aux élections législatives en Haute-Garonne, Liêm Hoang Ngoc et Sophie Lechat, sont les cosignataires d’une tribune parue dans « Le Journal du Dimanche » dans laquelle ils s’inquiètent des dérives médiatiques et autocratiques du parti présidé par Jean-Luc Mélenchon.

« Des opérations de communication dévastatrices »

« Nous observons avec regret que le travail de fond est délaissé au profit d’opérations de communication, parfois dévastatrices. Les groupes d’action constatent que le pouvoir, au sein du mouvement, est confisqué par une équipe d’animation et un comité électoral constitués sans transparence. Les militants découvrent que des accords électoraux sont conclus sans débat, ni mandat préalables. Les organisations parties prenantes du mouvement sont mises devant le fait accompli de la suppression de l’espace politique au sein duquel elles dialoguaient fraternellement. Cette verticalisation, assortie d’une centralisation et d’une personnalisation extrême du mouvement, contraires aux principes horizontaux annoncés, compromet la capacité de La France insoumise à rassembler toutes les bonnes volontés, individuelles ou organisées » écrivent-ils notamment.

« Le mouvement est contrôlé par seulement trois personnes »

Ancien député européen, Liêm Hoang Ngoc , qui s’était mis en congé du mouvement en juin dernier après avoir été écarté de la liste LFI pour les élections européennes, souhaite revenir aux fondamentaux de la campagne des élections présidentielles, pour laquelle il avait contribué au programme économique de Jean-Luc Mélenchon : « Le problème de fond, c’est que l’esprit de la campagne des présidentielles s’est évaporé, explique-t-il ce lundi à La Dépêche. On a l’a remplacé par des opérations de communication, comme lors des perquisitions effectuées au siège de LFI pour lesquelles Jean-Luc Mélenchon a surréagi. Il est devenu obsédé par la présidentielle ».

Selon l’ancien candidat sur la 4e circonscription de Haute-Garonne, aujourd’hui conseiller régional d’Occitanie sans étiquette, « les militants ne discutent plus des problèmes de fond. Le mouvement devait être organisé de façon horizontale mais on se rend compte qu’il est contrôlé par seulement trois personnes : Jean-Luc Mélenchon, Sophia Chikirou et Manuel Bompard. A Toulouse comme ailleurs, on observe un noyau dur radicalisé autour du chef. Rien n’est discuté. L’organisation est même à ce point verticale que si Jean-Luc Mélenchon s’en va, c’est tout l’édifice qui risque de s’écrouler ».

« Plus aucune crédibilité »

Liêm Hoang Ngoc considère enfin que La France insoumise « n’a plus aucune crédibilité sur les questions de fond. Concernant l’Europe par exemple, le scénario de la sortie de l’Euro n’a jamais été chiffré ».

Les signataires de la tribune ont lancé une plateforme internet, « Préservons l’avenir en commun » (une référence au nom du programme de Jean-Luc Mélenchon en 2017), pour collecter et diffuser les contributions de tous les Insoumis « canal historique ». « Ce n’est ni un parti ni une association mais juste la mise en réseau de personnes qui veulent défendre l’esprit du programme » précise Liêm Hoang Ngoc.

 

Source : ladepeche.fr

Crédit photo : capture d’écran

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