Dix mots russes que vous employez sans le savoir

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Dix mots russes que vous employez sans le savoir…

«Hourra», «bistro», «vodka»… La langue de Pouchkine a légué nombre de ses mots à la langue française. Le Figaro vous propose de redécouvrir leur histoire et leur origine.

Il y a des mots qui ne trompent pas sur leur origine.

Le «litchi» par exemple est «made in China». Le «bonzaï» vient du japonais tandis que le «bretzel» vient de l’allemand.

Comme le notait Bergson dans Le Rire: «Les mots sont des étiquettes.»

On peut y lire une provenance et une destination par leur prononciation.

Les termes «kalachnikov», «kopeck», «bolchevik» ne font pas exception. On peut, par leur consonance gutturale et leur histoire, affirmer qu’ils viennent du russe.

Parmi eux, il y en a pourtant qui ont, sans dire mot, intégré le vocabulaire français et qui ont fini par nous faire oublier qu’ils venaient du pays de Pouchkine.

Le Figarovous propose de les redécouvrir.

En commençant -évidemment- par le terme «vodka».

Le mot est dérivé du russe voda qui signifie «eau», indique Le Trésor de la langue française.

Plus prolixe, Le Petit Robert rappelle que le mot «vodka», d’abord écrit «vodki» fut employé au masculin en 1822, puis au féminin en 1829.

Le dictionnaire précise également que le terme désigne une «petite eau» en russe. Attention toutefois à ne pas prendre l’adage «l’eau c’est la vie» au premier degré.

Ici, l’alcool dépasse toujours les 30°…

Napoléon et Poutine dans l’assiette

Restons dans la boisson et revenons sur le mot «bistro».

Ce dernier est attesté au XIXe siècle, toutefois son origine demeure obscure. Selon certaines sources le terme serait à rattacher au poitevin «bistraud» qui signifiait «petit domestique».

Ce, «si l’on suppose que le mot a tout d’abord désigné l’aide du marchand de vin», précise Le Trésor de la langue française.

Le «bistro» pourrait également avoir pris ses racines dans le terme «bustingue», un «hôtel où couchaient les bohémiens» en 1848.

Selon d’autres sources, le «bistro» pourrait avoir vu le jour à la suite de l’occupation des cosaques dans la capitale française, en 1814.
Ces derniers, assoiffés, auraient lancé à des cafetiers Parisiens le mot «bistro» (l’équivalent français de «vite») pour leur intimer de leur servir à boire.
Le thésaurus précise que cette anecdote n’est pas fondée. D’autant que la première attestation du mot remonterait en 1884.
Soit plus de soixante-dix ans après le départ du dernier Cosaque… Plus vraisemblablement donc, le «bistro» semble avoir été créé pour désigner le propriétaire du café plutôt que son établissement.
À noter que le «t» final de «bistrot» est dû aux nombreux mots français en «-ot» à valeur affective.

Hormis leur goût pour les verres, les Russes nous ont transmis leur cuisine. Des mets, comme le blini qui reste toutefois absent des colonnes du Trésor de la langue française.

Le Dictionnaire de l’Académie française rectifie le tir dans sa 9e édition.

On lit: «Mot russe.

Petite crêpe épaisse et salée, dont la pâte contient de la levure et que l’on mange tiède, en accompagnement du caviar ou du poisson fumé.»

Le Petit Robert , de son côté, note uniquement le mot au pluriel «blinis».

Ce dernier est attesté en 1883 et dérive du russe «bliny», pluriel de «blin», «crêpe, galette» d’un verbe signifiant «moudre».

Pour l’anecdote, les Russes nomment «Napoléon» notre équivalent du «mille feuille» tandis que les Canadiens nomment «Poutine» un plat constitué de frites, de fromage cheddar et de sauce brune.

Des «houligans» russes

Arrivés à cette étape de notre papier, nous pourrons crier «hourra».

Avec l’accent russe, évidemment.

Car selon Le Petit Robert, le nom masculin attesté en 1722 sous la forme «houra», issu de l’anglais hussa est lui-même issu du russe «hurrah».

Le Trésor de la langue française éclaircit un peu plus son origine.

Le mot serait né au crépuscule du XVIIe siècle en France sous la forme «houzaye».

Il désignait alors un «cri de joye et de débauche usité chez les Anglois, qui prononcent ce mot houzai; également en usage chez les Allemands, qui disent huisa; et par corruption on dit en François, houzza».

Le mot était en effet déjà populaire chez les marins au XVIe siècle de l’autre côté de la Manche.

Mais, hésite le thésaurus, le terme a pu être emprunté au russe «ura», lui-même apparenté au turc wurmak «frapper, battre».

On le voit, la langue russe a toujours une part de mystère dans la langue française. Notons par exemple le mot «hooligan», parfois orthographié «houligan».

À première vue le mot est anglais, mais selon Le Petit Robert, le terme pourrait trouver ses sources en Russie.

On peut lire: «D’origine inconnue, le mot vient peut-être de hooley’s gang, du nom d’une famille irlandaise ; par le russe, jeune opposant au régime soviétique et voyou». Notons toutefois qu’il existe des mots aux origines moins sibyllines.

C’est le cas de «steppe», qui est emprunté par l’intermédiaire de l’anglais au russe «step’» ainsi que le terme «mammouth», emprunté au russe «mam(m)ut» de même sens et probablement d’une langue tartare.

Concluons cet article en précisant que certains mots français sont également passés dans la langue russe.

C’est ainsi qu’aux pays des tsars on peut très bien parler de «toilettes», de «métro», de «rendez-vous», de «fauteuil» et de «garde-robe».

Sachez par ailleurs que notre verbe «sortir» peut parfois avoir le sens de «petit coin»…

 

 

 

Source : https://amp.lefigaro.fr

Crédit photo : capture d’écran

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