Efficacité du couvre-feu à 18 heures : ce que révèle l’étude de Santé Publique France….

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L’agence nationale de santé publique a dévoilé jeudi soir une courte enquête sur le possible impact du couvre-feu. Selon ce document, cette mesure peut avoir un effet mais cela reste « à confirmer ».

Le couvre-feu à 18 heures est-il efficace? Plus que celui à 20 heures? D’un côté, c’est une question que se posent de nombreux Français, irrités par cette contrainte qui impacte leur quotidien. De l’autre, les membres du gouvernement, Jean Castex, le Premier ministre il y a une semaine, Olivier Véran, ministre de la Santé ce jeudi, qui aiment à répéter son utilité.

Ce jeudi soir, dans son point épidémiologique, Santé Publique France (SPF) publie ses travaux sur « l’impact des couvre-feux anticipés sur la dynamique de l’épidémie de Covid-19 à l’échelle des départements de France métropolitaine ».

L’agence de santé distingue trois groupes. Les 15 premiers départements, soit 6,4 millions d’habitants, sous couvre-feu à 18 heures dès le 2 janvier composent le groupe 1. Dix autres qui l’ont été le 10 et 12 janvier sont dans le groupe 2 et l’ensemble des 61 autres départements en couvre-feu depuis le 16 janvier constituent le groupe 3.

Pour les premiers concernés, le taux d’incidence a diminué
En se concentrant sur le taux d’incidence (le nombre de tests positifs pour 100 000 habitants) pour les semaines 53 et 1, Santé Publique France note « une augmentation du taux dans les trois groupes, mais elle est moins marquée dans le groupe 1. Par rapport à la semaine précédente, la variation du taux d’incidence est en effet de + 15 % dans le groupe 1, contre 24 % et 36 % dans les groupes 2 et 3, respectivement ».

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Puis en semaine 2, SPF observe même une diminution de 13,3 % du taux d’incidence entre la première et deuxième semaine de l’année dans le groupe 1, qui connaît déjà le couvre-feu. A contrario, dans les deux autres groupes, pas encore sous cette nouvelle mesure, le taux « reste relativement stable à + 0,7 % dans le groupe 2 et + 4,7 % dans le groupe 3 ».

Avant de faire remarquer que le taux de dépistage suit la même tendance. Le taux de positivité des tests, lui, semble moins parlant puisqu’il suit la même courbe, peu importe le groupe. Il recule toutefois en semaine 2 pour les premiers sous couvre-feu.

Trop tôt pour en tirer des conclusions
Que retenir ? Pour SPF, « l’amélioration de la situation épidémiologique peut être en partie liée à la mise en place du couvre-feu anticipé […] Néanmoins, l’évolution de la situation était déjà plus favorable dans ce groupe que dans les deux autres en semaine 01, alors qu’il était trop tôt pour que l’effet du couvre-feu anticipé puisse être observé ».

Covid-19 : un couvre-feu avancé à 18 heures, est-ce efficace ?

Comment cela peut-il s’expliquer ? « Cette différence pourrait être liée à des comportements plus prudents de la population pendant les fêtes dans ces départements où la circulation virale était particulièrement active. Couplée aux vacances scolaires, cette prise en compte des risques et la mise en place du couvre-feu anticipé a pu avoir un effet cumulé », analyse-t-elle prudemment.

Finalement, elle conclut que « l’évolution des indicateurs dans les trois groupes dans les jours à venir, en particulier dans les départements placés sous couvre-feu anticipé les 10 et 12 janvier, permettra de conforter ou d’infirmer cette hypothèse… »

Si un infléchissement semble observable, il faudra finalement encore attendre pour connaître la réelle efficacité ou non de cette mesure visant « un impact sur l’heure de l’apéritif », favorable aux rassemblements.



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Crédit photo : Capture d’écran

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