« Fracture » de l’Europe : « Non, je n’exagère en rien », affirme Emmanuel Macron

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En exclusivité sur Europe 1, mardi, Emmanuel Macron a justifié son parallèle entre la situation actuelle de l’Europe et la montée des totalitarismes durant les années 1930.

L’Europe est-elle vraiment dans une situation comparable à celle de l’entre-deux guerres, comme Emmanuel Macron le déclarait il y a une semaine à Ouest-France ? « Je suis frappé de voir deux choses qui ressemblent terriblement aux années 1930 : le fait que notre Europe a été bousculée par une crise économique et financière profonde (…) et une montée des nationalismes qui jouent sur les peurs », a justifié le chef de l’État en exclusivité sur Europe 1, mardi.

Le FN, « j’espère qu’il ne gagnera pas« Au micro de Nikos Aliagas, il a poursuivi sa comparaison avec une époque de montée des totalitarismes en Europe : « Les nationalismes ne sont-ils pas là ? A-t-on oublié quel est le parti qui avait gagné les dernières élections européennes en France ? Le Front national (rebaptisé Rassemblement national, ndlr). J’espère qu’il ne gagnera pas », a-t-il par ailleurs indiqué.

Les nationalismes « qui jouent sur les peurs »Selon lui, « l’Europe est de plus en plus fracturée » : « Le nationalisme remonte. Ce nationalisme qui demande la fermeture des frontières, qui prône le rejet de l’autre. Ils jouent sur les peurs partout, ils sont là. […] Nous avons besoin d’une Europe plus forte, qui protège », argue le président de la République, avant de se défendre d' »agiter les peurs » : « Il s’agit d’avoir conscience de ce que nous sommes et de ce que nous vivons : la paix et la prospérité dans laquelle vit l’Europe depuis 70 ans est une parenthèse dorée dans notre histoire. »

Entendu sur Europe 1
On ne protégera pas les Européens si on ne décide pas d’avoir une vraie armée européenne
Emmanuel Macron au micro de Nikos Aliagas

 

Il a également fait un pas de plus vers la construction militaire européenne : « On ne protégera pas les Européens si on ne décide pas d’avoir une vraie armée européenne. Face à la Russie qui est à nos frontières et qui a montré qu’elle pouvait être menaçante (…) on doit avoir une Europe qui se défend davantage seule, sans dépendre seulement des États-Unis et de manière plus souveraine ». Tout en indiquant sur l’économie que « l’Europe est sans doute devenue trop ultralibérale, et « ne permettait plus aux classes moyennes de bien vivre. »

Un monde « dangereux » avec Trump. Ailleurs aussi, « le monde dans lequel nous vivons est dangereux » : « Quand je vois le président Trump annoncer, il y a quelques semaines, le fait qu’il sorte d’un grand traité de désarmement pris après la crise des euromissiles, au milieu des années 1980, qui en est la victime principale ? L’Europe et sa sécurité. Non, je n’exagère en rien, je suis lucide » sur cette comparaison avec les années 1930, élément-clé de la communication présidentielle avant les élections européennes de mai prochain.

Source : europe1.fr

Crédit photo : capture d’écran

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