Jonathan Destin revit avec « Le jour où j’ai brûlé mon cœur »

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Son immolation et son harcèlement scolaire ont inspiré TF1 qui diffuse ce lundi 5 novembre une fiction tirée de son histoire.

TÉLÉVISION – En parler pour se faire aider. Voilà ce que Jonathan Destin n’a jamais osé faire avant de s’immoler par le feu. Harcelé pendant six ans à l’école, l’adolescent tente de mettre fin à ses jours en 2011 mais survit malgré un corps brûlé aux deux tiers. Après avoir passé deux ans à l’hôpital, il publie « Condamné à me tuer », un livre dont s’est inspiré TF1 pour réaliser la fiction « Le jour où j’ai brûlé mon coeur » diffusée ce lundi 5 novembre.

L’histoire du harcèlement scolaire qui a touché Jonathan Destin, c’est celle d’un élève sur dix en France. Marqué dans sa chair par cette expérience douloureuse, il se sert de son vécu pour aider les enfants et adolescents avant qu’il ne soit trop tard.

Ce téléfilm, qui met en scène Michael Youndans le rôle d’un conseiller principal d’éducation et Camille Chamoux qui incarne la mère du jeune homme, est là pour « aider à faire bouger les choses ». « Il y a là l’opportunité de toucher des millions de jeune », explique au Parisien celui qui a subi une vingtaine d’interventions chirurgicales.

 

Inspiré de l’histoire vraie de Jonathan Destin, cet adolescent qui s’est immolé suite aux actes d’harcèlement dont il a été victime pendant des années, le téléfilm « Le jour où j’ai brûlé mon cœur »

Pourquoi n’a-t-il jamais parlé? « Je n’ai jamais osé car j’avais honte de ce que je vivais à l’école, avoue-t-il. Surtout par rapport à mon père: c’est quelqu’un de fort et il ne se serait pas laissé faire. Durant ma 4e, j’ai perdu énormément de poids, 15 kg en deux mois, quand j’ai commencé à être racketté. Je ne mangeais plus que le matin. C’était un appel à l’aide. Mes parents ont demandé à mes sœurs ce qu’elles savaient et elles ont pensé que je voulais plaire à une petite copine. Ma mère a interrogé l’infirmière scolaire qui a répondu que ce n’était pas de l’anorexie. »

Sensibiliser les harcelés, et les harceleurs

Le téléfilm lui permet aujourd’hui de se reconstruire, lui qui n’est pas encore vraiment guéri. « Je suis en période de reconstruction, j’avance, chaque pas que je fais est un pas en plus, dit-il à LCI. J’ai envie (…) de faire bouger les choses au niveau du harcèlement, et pour moi aussi. Continuer à en parler, ça m’aide psychologiquement. Je suis souvent contacté par des gens qui ont vécu la même chose, des professeurs, des parents. Ils me demandent des conseils. »

Aujourd’hui âgé de 23 ans, Jonathan Destin est à la tête d’une association de soutien aux victimes de harcèlement scolaire qui lui permet d’accompagner d’autres jeunes pour les aider à sortir de leur situation. « Plus on fait de la sensibilisation, plus il y a de témoignages, plus on va permettre de mettre fin au harcèlement », continue celui qui se rêve informaticien. Le livre était comme une première thérapie. Le téléfilm en est une deuxième.

Pour lui, la lutte contre le harcèlement telle qu’elle est menée actuellement n’est pas suffisante. « Les affiches dans les écoles, la formation des enseignants, les réunions avec les parents, c’est très bien. Mais il devrait y en avoir dans tous les établissements, pas seulement dans un sur 10 », regrette-t-il.

Dans sa communication autour de l’événement, la chaîne TF1 a rappelé que les scènes choquantes visibles dans le téléfilm ont bien été vécues par Jonathan Destin, et engage les victimes et les familles à appeler le numéro 3020 « Non au harcèlement ».

S’il veut sensibiliser dans le sens des harcelés, il explique que les harceleurs ont aussi besoin d’aide. « Le film va aussi beaucoup servir aux harceleurs. Pour certains, c’est presque normal de l’être. Ils ne se rendent pas compte des conséquences. Il faut arrêter ça. »

 

Source : https://m.huffingtonpost.fr

Crédit photo : capture d’écran

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