La probabilité d’éradiquer le virus est “quasi nulle”

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Dans un long entretien accordé au Parisien, l’immunologue français Alain Fisher, le “Monsieur vaccin” du gouvernement, a répondu aux questions des lecteurs. Il affirme que le virus SARS-CoV-2 sera quasi impossible à éradiquer et estime, en outre, qu’un rappel annuel du vaccin semble le scénario “le plus probable” contre la maladie.

Éradiquer le virus? “Probabilité quasi nulle”
La probabilité d’éradication du SARS-CoV-2 est “quasi nulle”, selon Alain Fisher. Il rappelle que la variole est le seul virus totalement éradiqué de l’histoire moderne. Pour tous les autres, des cas apparaissent toujours, même la rougeole “parce que les gens ne se vaccinent pas assez”, souligne-t-il. “L’hypothèse la plus probable” entrevoit une atténuation progressive de la dangerosité de la Covid pour que ses symptômes se réduisent un jour à ceux d’un “simple rhume”.


Se refaire vacciner tous les ans? Très probable
Faudra-t-il se refaire vacciner tous les ans contre la Covid? “C’est sans doute le scénario le plus probable”, affirme l’immunologue français. Même si la durée d’efficacité des vaccins reste encore floue à ce stade. “Les premières données de Pfizer et Moderna montrent qu’ils sont toujours efficaces au bout de six mois”, ajoute-t-il.

La fin du port du masque? “À la fin de l’été”
“C’est la dernière étape”, estime l’expert. “Pour sortir de cette épidémie, le système repose sur deux pieds: celui de la vaccination et celui des mesures physiques et de distanciation. Toutes les études démontrent que si on fait l’un sans l’autre, on ne s’en sort pas”. Alain Fisher prévoit la fin du port obligatoire du masque pour la “fin de l’été”.

Le vaccin, une menace pour l’immunité “naturelle”? “Non”
Non, selon lui. Et s’il concède que la vaccination peut éventuellement renforcer la résistance du virus, l’absence de vaccination aggraverait encore davantage la situation: “Les gens tomberaient malades, le virus se diffuserait à grande échelle, et trouverait alors une opportunité encore plus grande de résister. Entre pas ou trop vacciner, il n’y a donc pas photo”, insiste-t-il.

Lever les brevets des vaccins? “Oui, mais…”
Alain Fisher y est “favorable” pour ainsi espérer “vacciner le monde entier” et éradiquer les “grands foyers” (Inde, Brésil, notamment) dans l’intérêt de tous. Il estime en revanche que la levée de ces brevets est plus facile à recommander qu’à mettre en pratique: “Il faudrait former plus de personnes, construire de nouvelles usines, et surtout récupérer du matériel en quantité déjà limité à l’échelle mondiale”, nuance-t-il.

De nouveaux variants plus résistants? “À craindre”
Le risque d’une mutation du virus en un variant encore plus résistant reste envisageable: “Ce qui est le plus à craindre, c’est une nouvelle variation sur un variant déjà existant. Un variant sud-africain, par exemple, qui se modifierait encore pour devenir plus résistant à la réponse immunitaire, et là ça poserait un sérieux problème”, avertit-il. L’industrie pharmaceutique se prépare d’ailleurs à développer “des vaccins non plus fondés sur le code génétique du virus initial, mais sur celui de l’un de ses mutants”, constate-t-il. “La bonne nouvelle, c’est que les vaccins ARN messager peuvent s’adapter très vite, en quelques semaines”.




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Crédit photo : Capture d’écran

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