“Le gouvernement nous prend pour des imbéciles” ??????

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Elke Geraerts est Docteur en psychologie.

“Ils pensent que nous sommes des imbéciles.” Elke Geraerts (39 ans), Docteur en psychologie, s’interroge sur la façon dont le gouvernement et les virologues communiquent.

Alors que la lumière brillait enfin au bout de ce tunnel bien trop long, tout espoir a été anéanti en une matinée.

“La résilience de ce pays a été mise à l’épreuve depuis 10 mois par une communication désastreuse.

Comme si le bien-être mental n’existait pas”, déplore-t-elle.

Elke Geraerts est titulaire d’un doctorat en psychologie, a écrit plusieurs livres dont le best-seller “Mentaal Kapitaal” et est PDG de la société de conseil Better Minds at Work. Elle a étudié à l’université de Maastricht et a été chargée de cours à l’Université de St Andrews en Ecosse.

Le virologue Marc Van Ranst dit qu’il faudra encore deux mois avant de pouvoir relâcher les mesures tandis que le gouvernement a discrètement prolongé les mesures en vigueur jusqu’au 1er mars.

Qu’avez-vous pensé lorsque vous avez lu cette information hier matin ?

“J’ai été extrêmement ennuyée la semaine dernière par la vague d’optimisme qui s’est soudainement déversée sur la société.


La campagne de vaccination a été communiquée et le ministre Frank Vandenbroucke a déclaré que le “royaume de la liberté” était en vue.

J’ai trouvé cette déclaration très embarrassante, car empreinte d’ambiguïtés.

Et en effet: un jour plus tard, les médias annonçaient que les plans de vaccination pourraient être retardés si la variante britannique du coronavirus se manifestait.

Arrêtez de faire tant d’histoires. J’appelle cela une communication désastreuse”.

“Par ailleurs, de quel courage faut-il faire preuve pour se passer d’une conférence de presse tout en prolongeant tranquillement une semaine plus tard le confinement sans expliquer au public pourquoi exactement?

Même si cela s’avère être un problème technique. La résilience de ce pays a été mise à rude épreuve pendant dix mois”.

Vous êtes en colère.

“Non, je ne suis pas en colère. J’ai ri de désespoir, une étape qui vient bien après la colère”.

Les psychologues tapent sur le même clou depuis des mois: motiver les gens, leur expliquer pourquoi les décisions sont prises, leur donner une perspective.

On ne vous écoute pas?

“Absolument pas. De plus, il n’y a quasiment aucun collègue impliqué dans les organes consultatifs (seul le professeur Maarten Vansteenkiste est membre du comité d’experts GEMS).

Les virologues, en particulier, pensent qu’ils doivent communiquer sur tout.

Pour nous, psychologues, c’est désespérant. Le nombre de tentatives de suicide chez les jeunes augmente de façon spectaculaire.

Tout comme le nombre de personnes souffrant de problèmes mentaux.

Le pire, c’est que je ne peux pas donner de chiffres, car ils ne sont tout simplement pas disponibles. Comme si notre bien-être mental était balayé sous le tapis”.


Il est particuliè­re­ment important, surtout pour les jeunes, d’expliquer pourquoi certaines mesures sont de telle ou telle nature. On ne leur donne aucune perspective.

Elke Geraerts, psychologue

“Tout ça serait acceptable si le gouvernement donnait des informations sur les raisons, sur la logique qui sous-tend une décision.

Le Premier ministre néerlandais Rutte se débrouille bien dans ce domaine, par exemple. Le gouvernement pense que nous sommes des imbéciles qui n’ont qu’à tout avaler.

Ils ne voient pas la nécessité d’expliquer davantage. Nous sommes cependant suffisamment intelligents.

Et ce n’est pas vraiment sorcier de fixer des objectifs, de définir clairement ce qui se passe quand il y a tant d’infections supplémentaires.”

Qu’est-ce qui vous inquiète le plus?

“Les jeunes.

Pourquoi l’augmentation de leurs problèmes mentaux n’est-elle pas un argument pour les faire avancer dans l’ordre de vaccination? Attention, je respecte les choix faits, mais on ne leur donne pas de perspective. ‘Avec un peu de chance, ils pourront être vaccinés avant l’été’, ai-je entendu la semaine dernière.


Quelqu’un d’autre parlait du mois d’août. On leur a également dit implicitement que les choses ne reviendront pas à la normale cette année scolaire. Il est particulièrement important pour eux d’expliquer la raison des mesures en vigueur”.

Dans tous les cas, il faudra encore ronger son frein au moins deux mois. Des conseils pour y parvenir?

“En tant qu’être humain, essayez de ne pas être esclave de cette crise. Créez vos propres perspectives.

Faites des choses positives pour passer ces semaines: commencez à planifier le voyage dont vous parlez depuis des années, programmez des promenades avec des amis ou de la famille, à des jours fixes de la semaine. Profitez des avantages de cette crise  pour moi, c’est plus de temps avec mes filles.

Malheureusement, je n’ai pas de conseils généraux pour l’ensemble de la population.

Tout aussi important: ne pas faire d’économies et se montrer responsable”.

Source :7sur7.be

 

 

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