Les étudiants ont de plus en plus besoin d’aide alimentaire…

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« Ça va vraiment m’aider à passer le mois. » Ahmed est venu à la fois passer ses partiels et remplir son sac de courses.

Comme de nombreux autres jeunes étudiant de Cergy Paris Université (CY), cet élève de master a du mal à boucler ses fins de mois. « Je compte sur les stages rémunérés, mais en ce moment tous les projets tournent au ralenti. »



Ils étaient une centaine ce mardi à venir profiter d’une distribution alimentaire assurée par l’association Linkee, mandatée par la Région Ile-de-France.

La scène n’est pas commune au sein des universités. Mais la crise sanitaire a plongé la population étudiante dans une détresse sans précédent.

Plus de 800 repas ont déjà ainsi été offerts aux jeunes boursiers ou étudiants internationaux depuis le premier confinement grâce aux actions du Secours populaire et de l’association les éco-droits, avec le soutien de la fondation CY.

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La précarité un vrai sujet

« La précarité était déjà devenue un vrai sujet avant », constate Louis L’Haridon vice-président étudiant de CY.

« La baisse des aides personnalisées au logement (APL) avait notamment eu un impact.

Mais l’épidémie a renforcé ce phénomène car beaucoup d’étudiants travaillaient auparavant et ne peuvent plus le faire maintenant. »

Dina, 18 ans, a ainsi postulé un peu partout pour trouver un emploi.

« Mais la plupart des jobs étudiants sont dans la restauration… Et même les occasions de faire du baby-sitting sont rares avec le télétravail. »

Cette jeune étudiante en droit s’estime tout de même très chanceuse. «



Je donne des cours à des collégiens, notamment d’anglais. »

Dina rêve du jour où elle pourra travailler davantage et trouver un logement étudiant.

En attendant elle est hébergée par des membres de sa famille dans l’Oise. Elle doit faire 2 heures de transport pour venir à Cergy passer ses examens.

« Mais j’ai quand même vraiment hâte de pouvoir revenir en cours, même si j’ai beaucoup de trajet, confie-t-elle.

C’est tellement plus motivant ! »

6 t de denrées distribuées dans une dizaine de villes

Parmi les étudiants heureux d’avoir l’occasion de repartir avec un cabas leur assurant une douzaine de repas, on trouve de nombreux étrangers.

« Je suis arrivée en novembre, j’ai cru que je pourrais trouver un petit job malgré la crise et puis j’avais l’impression qu’avec le futur vaccin tout allait s’améliorer vite », confie Salma 25 ans.

Cette Tunisienne vit dans un logement à 400 € hors charge.

« Heureusement j’avais quelques économies, avoue cette étudiante en informatique.

Mais les distributions sont vraiment bienvenues, il n’y en a même pas assez… »

Elles devraient toutefois être plus nombreuses.

« Nous voulons revenir le plus tôt possible », promet Valentin Cèze de Linkee.

Depuis début décembre, l’association est intervenue dans une dizaine de villes à la demande de la région Ile-de-France, délivrant 6 t de produits frais et longue conservation aux personnes en difficulté.

Elle apporte désormais invendus et produits achetés à Rungis au sein des universités et CY n’est qu’une première étape.

« La semaine prochaine, nous serons à Créteil avec 200 colis et dans deux semaines sur tous les campus de Paris XIII pour apporter plus de 700 colis. »



« Les étudiants n’en peuvent plus… »

La Région veut en effet tendre la main aux étudiants.

« Nous nous sommes aperçus que la situation était particulière dans les campus, les universités n’ont pas l’habitude de faire de la distribution alimentaire, il fallait compléter pour faire face à la montée de la pauvreté, explique Valérie Pécresse, la présidente (Libres !) du conseil régional.

Nous voulons être le filet de sécurité. Et nous réfléchissons à un projet plus vaste car les étudiants sont aussi pour certains confrontés à des problèmes de logement, de paiement d’échéances de prêt ou des difficultés d’ordre psychologique. »

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François Germinet, président de CY, confirme.

« Les étudiants n’en peuvent plus… » Le dirigeant se donne pour objectif d’organiser le retour des cours en présentiel pour le 8 février.



« Il faudra que l’on soit en capacité de faire des tests antigéniques sur place pour pouvoir éloigner tout de suite les personnes contaminées et pouvoir laisser les autres en cours. »

Source :
Crédit photo : Capture d’écran

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