Les gilets jaunes sont-ils notre dernière chance?

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C’est une alerte sérieuse qui vient rappeler aux élites que la politique doit être faite pour améliorer la vie des gens, pas les cours de la bourse.

En 1995, Jacques Chirac remportait les élections présidentielles sur le thème de la fracture sociale.

Il avait su poser un diagnostic sur ce malaise qui s’installait dans le pays.

Depuis, que s’est-il passé? Pas grand-chose.

La mondialisation ultralibérale a augmenté la pression sur la France.

Elle a engendré une stagnation des salaires et une baisse du pouvoir d’achat qui s’est faite plus pesante pour nombre de Français.

Cette réalité du « porte-monnaie » s’est accompagnée d’un sentiment de déclassement.

Chômage élevé, désindustrialisation, précarisation du travail, désertification des campagnes, disparition des services publics ont été les marqueurs du débat politique depuis vingt ans.

Et c’est bien là le problème.

Les Français ont le sentiment que les élections ne changent rien à leur quotidien.

La montée des extrêmes de gauche et de droite ainsi que la baisse de la participation aux élections sont les parties visibles de cette grande frustration citoyenne.

C’est sur ce ras-le-bol démocratique qu’Emmanuel Macron s’est imposé lors des élections présidentielles de 2017.

À juste titre, il a fait exploser un système à bout de souffle.

Pour autant, la crise des gilets jaunes vient lui rappeler que les Français attendent des résultats concrets, sur leur quotidien mais aussi sur l’exercice du pouvoir.

Le Président de la République a été élu sur la rupture avec l’ancien monde.

Il doit continuer ce travail de transformation de notre démocratie en rapprochant la décision politique du citoyen.

Dans le monde et en Europe, les populistes gagnent du terrain.

Trump aux États-Unis, Òrban en Hongrie, Salvini en Italie… Aujourd’hui la seule réponse au malaise des peuples face à ce sentiment d’abandon, c’est l’installation de ces pouvoirs forts, personnalisés et autoritaires.

Il y a encore quelques années, personne n’aurait imaginé que la démocratie puisse reculer.

Aujourd’hui, force est de constater que rien n’est acquis.

Le mouvement des gilets jaunes est une chance pour notre pays.

Nous devons collectivement la saisir.

C’est une alerte sérieuse qui vient rappeler aux élites que la politique doit être faite pour améliorer la vie des gens, pas les cours de la bourse, pas les taux d’intérêt…

Nous devons, citoyens et élus, inventer une nouvelle réponse démocratique face à l’attente des Français.

Osons la rénovation de notre démocratie.

Instaurons enfin la proportionnelle aux élections législatives.

Permettons à l’ensemble des sensibilités politiques d’être représentées à l’Assemblée nationale.

Réformons le Sénat pour qu’il représente encore plus les territoires et modifions profondément le Conseil Économique et Social pour qu’il soit la chambre de l’initiative citoyenne.

– Imaginons un véritable référendum qui soit un outil démocratique à la disposition des citoyens.

La réforme constitutionnelle de 2008, qui a mis en place le référendum d’initiative partagée, n’était que de la poudre aux yeux.

Les règles étant trop strictes, aucune consultation n’a pu être organisée depuis son entrée en vigueur.

Je propose la création d’un référendum abrogatif.

Grâce à ce système, inventé en Italie, les citoyens peuvent se mobiliser pour annuler tout ou partie d’une loi votée par le Parlement, ce qui amène les parlementaires à revoir leur copie.

Ce système à le grand avantage de ne pas opposer élus représentant le peuple et citoyens engagés.

Depuis les années soixante-dix, les Italiens ont organisé 38 référendums abrogatifs en l’espace de 25 ans, un record.

Pendant ce temps, notre grande démocratie n’en organisait que cinq.

Ce débat sur notre démocratie ne peut être déconnecté de l’Europe.

La grogne des peuples gagne tous les pays européens et se confirmera lors des élections européennes du mois de mai.

Le débat qui est engagé en France doit l’être également au niveau européen.

Nous devons imaginer une démocratie participative européenne.

Le mouvement des gilets jaunes n’est pas une crise classique.

C’est un appel à l’aide.

Soyons à la hauteur et régénérons ensemble notre vie démocratique.

 

Source : https://www.huffingtonpost.fr

Crédit photo : capture d’écran ( https://www.huffingtonpost.fr )

 

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