Les médias sociaux et le trafic d’enfants à des fins d’exploitation sexuelle

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L’« achat et la vente » d’êtres humains est malheureusement parfois aussi facile qu’un simple clic sur un clavier.

Les gens, y compris les enfants, sont disponibles pour « acheter » avec des actes sexuels comme marchandise à vendre. Les trafiquants ciblent les victimes et rendent les formes de paiement presque introuvables.

Ils sont « amis » et « suivent » les victimes potentielles grâce à des applications telles que Facebook, Instagram et Twitter.

La traite des femmes et des enfants à des fins d’exploitation sexuelle est aujourd’hui l’entreprise criminelle qui connaît la croissance la plus rapide.

Environ 2 millions d’enfants sont exploités chaque année dans le commerce mondial du sexe.

En Malaisie, en 2015, 80 % des victimes de viols commis par une connaissance d’Internet étaient des enfants âgés de 10 à 18 ans.

En 2016, le Centre national des enfants disparus et exploités des États-Unis (U.S. National Center for Missing and Exploited Children) a estimé qu’une fugueuse sur six avait vraisemblablement été victime de traite sexuelle.

Bien que la traite d’enfants à des fins d’exploitation sexuelle soit un crime mondial, 92 % de toutes les adresses URL d’abus pédosexuels sont hébergées dans cinq pays : Pays-Bas, États-Unis, Canada, France et Russie.

En avril dernier, le président Donald Trump a signé une nouvelle loi anti-traite. Ce projet de loi, qui s’inspire à la fois de la FOSTA (loi sur la lutte contre le trafic sexuel en ligne) et de la SESTA (loi sur la lutte contre les trafiquants sexuels) du Sénat, vise à freiner le trafic sexuel en ligne en permettant aux procureurs fédéraux, aux procureurs des États ainsi qu’aux particuliers de poursuivre plus facilement les exploitants de sites Web dont les fournisseurs de services informatiques interactifs sites ont été utilisés par des trafiquants.

Les sites Web seront désormais tenus responsables du contenu que les utilisateurs affichent sur leurs sites et pourront être poursuivis s’ils s’engagent dans la « promotion ou la facilitation de la prostitution » ou s’ils « aident les trafiquants à faire de la publicité pour la vente d’actes sexuels illicites avec des victimes du trafic sexuel ».

SESTA/FOSTA est un retour en arrière des protections pour la parole en ligne de l’article 230 de la loi sur la décence de la communication (Communication Decency Act). L’article 230 protégeait les fournisseurs de services informatiques interactifs de la responsabilité civile et publique pour les activités criminelles menées par des tiers sur leurs plateformes. Lorsque les sites Web de petites annonces autorisaient et facilitaient sciemment la publicité sexuelle impliquant des enfants, la législation en vigueur les protégeait contre les accusations criminelles.

Au début d’avril, le ministère de la Justice des États-Unis a annoncé la saisie de Backpage.com, le principal forum Internet pour les publicités sur la prostitution, y compris les publicités dépeignant la prostitution des enfants. Backpage, impliqué dans 73 % des cas présumés de trafic sexuel aux États-Unis, a également hébergé 60 % des publicités en ligne pour adultes du Canada.

Présent dans environ 97 pays, Backpage était le deuxième plus grand site de petites annonces au monde. Cependant, les publicités sexuelles mettant en vedette des enfants dans ses « publicités pour adultes » l’ont amené à faire l’objet d’une enquête du Sénat américain en 2016, qui a conclu qu’il facilitait et bénéficiait du trafic sexuel d’enfants en ligne. Il se servait également d’une société de procuration aux Philippines pour rechercher des trafiquants sexuels.

Le SESTA/FOSTA s’attaquera au trafic sexuel en ciblant les plateformes facilitatrices. L’article 230 est modifié de sorte que les exploitants de sites Web qui sciemment aident, soutiennent ou facilitent la traite d’enfants à des fins sexuelles puissent être tenus responsables.

Les opposants affirment que ces sites Web étaient des endroits sûrs pour les travailleuses et travailleurs sexuels adultes consentants qui sont maintenant plus à risque.

Cependant, SESTA/FOSTA envoie un message fort aux fournisseurs de services informatiques interactifs sur le fait que la participation au trafic sexuel d’enfants en ligne est à la fois immorale et illégale.

L’éducation est cruciale. Connaître les indicateurs de la traite sexuelle d’enfants peut aider à identifier les victimes. Le projet Polaris décrit les signes présentés par les enfants victimes de la traite.

Une étude de l’Institut sur la traite des êtres humains et la justice sociale de l’Université de Tolède révèle comment les trafiquants, qui sont des maîtres manipulateurs, ciblent les enfants et communiquent avec eux sur Internet par le biais des médias sociaux.

Les trafiquants consultent les messages sur des sites de consultation et de commentaires couramment utilisés tels que Facebook, Instagram ou SnapChat, des applications de rencontres telles que Tinder, Blendr et Yellow, ou des sites de webcams comme Chatroulette et Monkey.

L’étude décrit les posts qui attirent le trafiquant et donne des exemples de réponses stratégiques que le prédateur utilise pour instaurer la confiance et préparer l’enfant.

Les sites de publicité et de vente peu scrupuleux, fréquentés par des « johns/sugar daddies », sont notamment appelés Cityxguide, Skipthegames, Bedpage, Seekingarrangement.com et Sugar-Babies.com.

Le documentaire de 2017, « I am Jane Doe », détaille la lutte contre le trafic sexuel d’enfants en ligne.

Caryl Stern, de l’UNICEF USA, insiste : « Si nous n’agissons pas maintenant pour faire face à l’évolution rapide des risques en ligne et trouver des solutions novatrices, nous rendrons les enfants plus vulnérables à la violence, à l’exploitation et aux abus. »

Les enfants de moins de 18 ans représentent un internaute sur trois dans le monde. Nous devons les placer au cœur des politiques numériques pour mettre fin à l’exploitation des enfants en ligne.

Par David Kilgour

David Kilgour, avocat de profession, a siégé à la Chambre des communes du Canada pendant près de 27 ans. Dans le cabinet de Jean Chrétien, il a été secrétaire d’État (Amérique latine et Afrique) et secrétaire d’État (Asie-Pacifique). Il est l’auteur de plusieurs livres et co-auteur avec David Matas de « Bloody Harvest : Le meurtre du Falun Gong pour leurs organes ».

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de The Epoch Times.

 

Source : m.epochtimes

Crédit photo : capture d’écran

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