« Nous avons une nouvelle décennie française à bâtir » : Emmanuel Macron se projette aussi dans l’après-Covid

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CAP 2030 – Emmanuel Macron ne s’est pas contenté de donner un calendrier de sortie de crise sanitaire jeudi 29 avril. Le chef de l’État a également évoqué le long terme, se projetant dans sa dernière année de mandat… Et au-delà.

Emmanuel Macron l’assure : il serait « bien intempestif », à ce jour, d’évoquer d’éventuelles « ambitions personnelles » pour l’élection présidentielle de 2022. Le chef de l’État, qui s’exprimait jeudi 29 avril dans la presse quotidienne régionale, ne s’est toutefois pas contenté de détailler le calendrier des trois prochains mois, avec la sortie espérée de la crise sanitaire. Il s’est aussi projeté au-delà, et même après la fameuse échéance de 2022.

« Nous avons une nouvelle décennie française à bâtir, qui sera la décennie de notre jeunesse », a expliqué le président de la République. « Si j’ai une ambition, c’est ça. C’est qu’on puisse, ensemble […] tourner la page de ce moment de la vie de la Nation. Mon destin individuel n’existe pas si nous n’y arrivons pas, aucun destin individuel ne vaut en dehors d’un projet collectif. »

S’il ne fait pas acte de candidature à la prochaine élection – il avait même évoqué, fin 2020, l’hypothèse où il serait empêché de se représenter -, le chef de l’État ne s’interdit pas de penser à l’après-Covid. Un après-Covid auquel il rêvait il y a de nombreux mois déjà, lorsque, le 14 juillet 2020, il avait accordé une interview télévisée pour tracer les grandes lignes de la fin de son quinquennat, entre relance économique, emploi des jeunes, loi Climat, sécurité et poursuite des réformes engagées, comme celle des retraites. Ce scénario avait alors été percuté par le retour en force de cette épidémie de Covid-19 qui capte depuis lors toute l’énergie de son gouvernement. Il ne lui reste désormais que douze mois pour agir, et il sait qu’il faudra faire des choix.



Retour aux sources
Se projeter dans l’avenir, Emmanuel Macron l’a déjà fait à plusieurs reprises ces derniers temps. À la veille même de l’entretien accordé à la presse régionale, il a signé une tribune à l’occasion du numéro 2000 de L’Opinion. Dans ce texte, il imagine ce que seraient les Unes de presse idéales à l’horizon 2025, à l’aune des chantiers engagés sous son quinquennat : « excellence industrielle française », « nouveau modèle de protection sociale », France « unie et apaisée »… « Je suis un optimiste de la volonté », explique-t-il. « Si nous le voulons, si nous ne cédons rien de l’ambition de transformation que les Français ont portée au pouvoir en 2017, notre Nation peut prendre toute sa part à l’invention du monde qui vient. »

Des mots qui apparaissent comme un véritable retour aux sources pour celui qui avait fait du diptyque « libérer et protéger » le credo de sa campagne de 2017 et de son début de quinquennat. Un mot d’ordre qui avait conduit le chef de l’État à engager une série de réformes au pas de charge, dont celle, contestée, du Code du travail, jusqu’à la violente rupture des Gilets jaunes, puis celle de la crise sanitaire.

Autres signes de ce retour aux sources : Emmanuel Macron a indiqué, dans l’entretien de jeudi, qu’il entendait se lancer dans un tour de France, cet été. « Dès le début du mois de juin, grâce au retour à une vie aussi normale que possible, je veux reprendre mon bâton de pèlerin et aller dans les territoires pour prendre le pouls du pays », a-t-il déclaré. À l’occasion, le chef de l’État entend lancer une « grande concertation » avec les élus et les « forces vives » du pays, autour de la relance économique, des investissements et de la « simplification » administrative. Transformer, simplifier, consulter : tous les mantras qui avaient fait le succès des Marcheurs en 2017, lors de la précampagne ayant conduit Emmanuel Macron au pouvoir.



Un air de précampagne ?
S’il s’en défend, le chef de l’État semble se mettre en ordre de marche pour la dernière ligne droite avant l’élection fatidique, comme le relevaient vendredi matin plusieurs éditoriaux, dont celui des Échos, selon lequel Emmanuel Macron « bascule dans la précampagne présidentielle », quand Libération le voit déjà en « quasi candidat ».

Outre le message adressé jeudi à la jeunesse, à laquelle il dédie la prochaine décennie et la promesse de reprendre une partie du chantier laissé en suspens depuis plus d’un an – notamment sur les aspects sécuritaires -, Emmanuel Macron semble également mettre ses troupes en ordre de bataille pour défendre son bilan. Il a commencé à le faire jeudi, en revenant sur ses choix en matière fiscale, à commencer par la suppression controversée de l’Impôt sur la fortune. « Depuis quatre ans, nous avons baissé le coût du capital et la fiscalité sur l’investissement productif », indiquait-il lors de cet entretien. « Heureusement que nous avons réduit les impôts, y compris en supprimant la part anti-production de l’ISF ! Notre pays dissuadait l’investissement. Il dissuadait aussi le travail et c’est pour cela que j’ai baissé l’impôt sur le revenu, augmenté la prime d’activité. »




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Crédit photo : Capture d’écran

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