Pass sanitaire : pourquoi le gouvernement veut le prolonger jusqu’à l’été 2022

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Un pass sanitaire contrôlé avant l'accès à une terrasse.

Le gouvernement veut se garder la possibilité de maintenir le pass sanitaire jusqu’à l’été prochain. Le Parlement devra se prononcer.

Pour quelle raison l’exécutif vise-t-il aussi loin ?

Le pass sanitaire est en vigueur jusqu’au 15 novembre 2021.

Il pourrait durer bien au-delà. Le gouvernement veut « maintenir la possibilité de recourir » au pass sanitaire jusqu’à l’été 2022 soit après l’élection présidentielle.

Cela ne signifie pas qu’il restera en vigueur jusqu’à l’été mais que le gouvernement veut se garder la possibilité de l’imposer.

Un avant-projet de loi a été transmis au Conseil d’Etat et le texte sera présenté le 13 octobre prochain au Conseil des ministres.



Voici les raisons pour lesquelles le pass sanitaire pourrait être prolongé.

Le virus circule encore

Si la situation sanitaire s’améliore depuis la rentrée, le Covid-19 reste bel et bien présent en France.

Selon les chiffres de Santé publique France du mardi 28 septembre, 60 personnes sont mortes du virus ce qui porte le nombre total de victimes à 116 615.

7 801 personnes étaient encore hospitalisées dont 1 524 patients dans les services de soins intensifs.

Par ailleurs, 6 765 nouveaux cas de Covid-19 ont été recensés. Le taux de positivité est lui descendu à 1,2 %.

Les Français ne sont pas assez vaccinés

Le cap des 50 millions de Français vaccinés avec une première dose a été franchi il y a dix jours.

Le rythme de la vaccination s’est fortement ralenti et toutes les tranches d’âge ne sont pas encore suffisamment protégées. 83,5 % des plus de 80 ans ont un schéma vaccinal complet, 96 % des 70-74 ans, 88,3 % des 50-59 ans.

Dans la population plus jeune, 84,2 % des 40-49 ans sont vaccinés ; 79,4 % des 30-39 ans ; 81,5 % des 25-29 ans et 83,3 % des 18-24 ans.

À partir de ce jeudi, le pass sanitaire devient obligatoire à partir de 12 ans et 2 mois.

Or pour l’heure, seuls 63,9 % des 12-17 ans présentent un schéma vaccinal complet.

Les experts craignent le retour du froid
Contrairement à l’été, l’hiver est une période propice à une circulation élevée des virus.

En 2020, le coup de froid de l’automne avait enclenché la deuxième vague du virus en France et en Europe.

« On s’attend à un redémarrage de l’épidémie de Covid-19 à l’automne », disait récemment le Pr Arnaud Fontanet, membre du conseil scientifique.

« À la moindre alerte, il faudra serrer la vis et le plus tôt possible. Nous ne sommes pas tirés d’affaire », disait-il dans le Parisien.

Un nouveau variant peut survenir

Si la vaccination est le meilleur bouclier contre le virus, un nouveau variant peut toujours faire son apparition.

Et rien ne dit, selon sa nature, que les vaccins actuels seront suffisamment protecteurs.

On l’a vu avec le variant Delta beaucoup plus contagieux. Plusieurs variants (Mu, C.1.2) sont surveillés de très près actuellement.

L’élection présidentielle approche

Avec son projet de loi, le gouvernement veut se donner la possibilité d’imposer le pass sanitaire si la situation sanitaire empirait ces prochains mois.

Élection présidentielle oblige, le Parlement terminera ses travaux en séance publique fin février 2022.

Il pourrait toutefois siéger à nouveau si nécessaire.



Mais plus que le calendrier parlementaire, c’est surtout la perspective d’une campagne présidentielle perturbée par une aggravation de la situation sanitaire qui pourrait inquiéter l’exécutif.

Baisser la garde à l’approche de cette échéance politique majeure pourrait constituer un pari risqué.

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