Qu’apprend-on en corrigeant sa dictée?

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La dictée est encore de nos jours une pratique courante dans les écoles. La période de correction accordée lors d’une dictée est sans doute l’étape la plus importante de cette activité. Qu’est-ce qui rend cette période de correction efficace sur le plan de l’apprentissage de l’orthographe?

en France expose les résultats d’une recherche menée auprès de quatorze classes de CM1 (4e année du primaire au Québec). L’équipe de huit chercheurs s’est penchée sur l’apprentissage de l’orthographe par l’entremise de la dictée, plus précisément à l’étape de la correction du texte.

Les interactions et la conscience métalinguistique

Pour que les concepts orthographiques des élèves évoluent lors des dictées, les interactions entre pairs ou avec l’enseignant sont de mise. La « dictée 0 faute » et « l’atelier de négociation graphique » sont des exemples de dictées qui favorisent les interactions collectives.

Ce sont ces interactions qui rendent notamment possible l’émergence d’une réflexion de type métalinguistique chez les élèves. En ce sens, « toutes les manières de corriger une dictée ne se ‘valent’ sans doute pas ».

Les dictées innovantes : impact sur l’orthographe grammaticale des élèves

La recherche montre que les enseignants n’associent pas nécessairement la période de correction d’une dictée à une activité de réflexion métalinguistique et interactive. La relecture, l’autocorrection et l’usage de stratégies pour y parvenir sont le plus souvent encouragés afin d’appliquer les règles orthographiques apprises.

On apprend à adopter une certaine forme d’exigence normative plutôt qu’une certaine forme de réflexion métalinguistique.

Les types d’erreurs

La plupart des erreurs commises par les élèves de CM1 lors des dictées ont trait à la morphosyntaxe (ex. : nettoyés pour nettoyées) et à la correspondance graphèmes/phonèmes (ex. : port pour porte).

[L]es erreurs sont […] des marques de confusion entre plusieurs fonctions (possibles) d’un graphème. Elles sont aussi, d’un point de vue didactique, des traces de savoirs et savoir-faire en cours de construction.

Beaucoup d’erreurs ont pour conséquence de modifier la classe grammaticale du mot en question (ex. : balayé pour balayer), ce qui peut changer le sens du mot et rendre plus difficile la compréhension lors de la lecture. Or, selon les chercheurs, ce rapport sens/orthographe est rarement considéré pour soutenir l’apprentissage de l’orthographe lors de l’activité de correction.

Les connaissances des élèves sur l’orthographe

Conclusion

Les chercheurs soutiennent que pour favoriser l’apprentissage de l’orthographe, il importe d’une part de se soucier du développement de la conscience métagraphique chez les élèves.

D’autre part, l’enseignant doit amener les élèves à « s’exercer à coordonner et faire coexister les connaissances [orthographiques] hétérogènes » qu’ils possèdent, puisque les erreurs ne sont généralement pas commises en raison d’un manque de connaissances orthographiques, mais plutôt en raison d’une difficulté à tenir compte de ces connaissances en situation de production.

 

 

Source : http://rire.ctreq.qc.ca

 

Crédit photo : capture d’écran

 

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