Une jeune fille accuse les Témoins de Jéhovah de l’avoir forcée à réécouter son propre viol…

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La Cour suprême de l’Utah a entendu des arguments lundi dans une affaire selon laquelle des dirigeants masculins d’une congrégation des Témoins de Jéhovah ont forcé une jeune fille de 15 ans à écouter un enregistrement d’un homme la violant en 2008.



«Nous parlons avec ces accusations de l’équivalent mental et émotionnel d’une torture digne d’un waterboarding.

Je suis un juge et un avocat depuis longtemps, je n’ai jamais vu, devant la Cour, rien de similaire», a déclaré le juge Deno Himonas.

Lundi, la Cour suprême de l’Utah a entendu des arguments dans une affaire selon laquelle des dirigeants masculins d’une congrégation des Témoins de Jéhovah ont forcé une jeune fille de 15 ans à écouter un enregistrement d’un homme la violant en 2008.

Un dossier particulièrement délicat.

Les tribunaux inférieurs avaient en effet précédemment statué qu’en vertu du premier amendement, l’église n’était pas responsable de «cet incident».

«Le Congrès ne pourra faire aucune loi ayant pour objet l’établissement d’une religion ou interdisant son libre exercice, de limiter la liberté de parole ou de presse, ou le droit des citoyens de s’assembler pacifiquement et d’adresser des pétitions au gouvernement pour qu’il mette fin aux abus», est-il stipulé dans cet amendement.

De leur côté, les avocats de la victime affirment que ces tribunaux se sont trompés et que le premier amendement ne protège pas l’Église contre toute responsabilité.

Selon eux, si la Cour suprême de l’Utah décidait de se ranger du côté des tribunaux, elle créerait un «dangereux précédent en permettant «d’autres comportements préjudiciables de la part d’organisations religieuses», indique le «Desert News».

Quatre heures insoutenables
La jeune femme aujourd’hui âgée d’une vingtaine d’années, a porté plainte contre quatre aînés des Témoins de Jéhovah de Roy, en 2016. Elle avait raconté avoir été forcée à écouter pendant plus de 4 heures l’enregistrement du viol qu’elle avait subi en 2008, lorsqu’elle avait 14 ou 15 ans.

Dans son témoignage, elle avait affirmé avoir pleuré, supplié les quatre hommes d’éteindre cet enregistrement.

D’après ses avocats, leur but était d’obtenir de sa part des aveux selon lesquels elle avait volontairement eu des relations sexuelles hors mariage.



Selon son récit, un camarade des Témoins de Jéhovah aurait commencé à la harceler alors qu’elle avait 14 ans et lui 18.

C’est là qu’il se serait mis à abuser d’elle sexuellement, dès décembre 2007.

Elle affirme qu’il l’a violée à plusieurs reprises et qu’il a fourni aux dirigeants de sa congrégation un enregistrement de l’un de ces viols.

Suite à cette épreuve, elle été victime d’une forte anxiété, devant subir un suivi médical et voyant ses résultats scolaires chuter.

Pour ses avocats, il ne fait aucun doute que si cette affaire avait eu lieu dans un cadre laïque, le tribunal n’aurait eu «aucune hésitation» à renvoyer l’affaire face à un jury.

En 2019, la Cour d’appel de l’Utah avait estimé en 2019 que l’Eglise ne pouvait pas être tenue pour responsable et que le faire nécessiterait «une enquête sur la pertinence de la conduite de l’Eglise dans l’application d’une pratique religieuse et violerait donc la clause du premier amendement», qui interdit au gouvernement d’intervenir dans des pratiques religieuses particulières.

«The Independant» rappelle que des dizaines de poursuites aux Etats-Unis ont été engagées dans le passé pour accuser les Témoins de Jéhovah d’avoir mal géré ou dissimulé des abus à l’intérieur de l’église. Au début de l’année 2020, dans une affaire similaire, la Cour suprême du Montana avait annulé un jugement de 35 millions de dollars contre l’église qui avait été condamnée pour ne pas avoir signalé la maltraitance d’une fille aux autorités.

En France, les Témoins de Jéhovah sont considérés comme un mouvement religieux et non une religion.

En 1995, un rapport parlementaire l’avait classé en tant que secte.

En 2011, la Cour européenne des droits de l’homme avait cependant estimé qu’il s’agissait bien d’une religion et avait donc décidé que la congrégation devait bénéficier des exonérations d’impôts auxquelles ont droit les associations cultuelles en France.

 

Source : parismatch
Crédit photo : Capture d’écran

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