Vidéo, Le jour où le général de Gaulle s’est écroulé, RÉCIT. « J’ai mal, là, dans le dos… »…..

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Vidéo, Le jour où le général de Gaulle s’est écroulé, RÉCIT. « J’ai mal, là, dans le dos… »…..

Emmanuel Macron est attendu, ce lundi 9 novembre, à Colombey-les-Deux-Églises, dans la Haute-Marne, où est enterré Charles de Gaulle pour célébrer le 50e anniversaire de la mort de cette figure tutélaire de la vie politique française. Retour sur ce lundi 9 novembre 1970, le jour où le général a été terrassé par une rupture d’anévrisme.

Emmanuel Macron est attendu, ce lundi 9 novembre, à Colombey-les-Deux-Églises, dans la Haute-Marne, où est enterré Charles de Gaulle pour célébrer le 50e anniversaire de la mort de cette figure tutélaire de la vie politique française.



Retour sur ce lundi 9 novembre 1970, le jour où le général a été terrassé par une rupture d’anévrisme.

Ce lundi 9 novembre 1970 est une journée ordinaire à La Boisserie, la propriété que le couple de Gaulle a achetée en 1934 à Colombey-les-Deux-Eglises (Haute-Marne).

Il pleut, c’est l’automne.

Charles de Gaulle travaille à ses « Mémoires d’espoir », déjeune avec sa femme Yvonne, se promène, entre deux averses, dans le jardin, écrit à quelques « Compagnons » et à son fils Philippe.

Une journée ordinaire comme le premier président de la Ve République, bientôt 80 ans, en connaît depuis qu’il a démissionné, dix-huit mois plus tôt, au lendemain de l’échec du référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat, après onze années passées à l’Élysée.

Terrassé en pleine réussite
Il est 19 h. Il vient de gagner la bibliothèque où un feu de bois se consume dans la cheminée.

Il s’assoit devant la table de bridge, où chaque soir avant le journal télévisé et le dîner, il s’adonne à ce qu’il appelle sa « discipline d’oisiveté » : une réussite.

Charles de Gaulle s’affaisse dans son fauteuil, la tête dans une main, sous les yeux d’Yvonne, en train d’écrire, installée à son secrétaire.

« J’ai mal, là, dans le dos », murmure-t-il avant de perdre connaissance.

Aussitôt appelés par son épouse, le père Jaugey, curé de Colombey, et le docteur Lacheny arrivent ensemble.

Il est trop tard.



Rupture d’anévrisme abdominal, diagnostique le médecin.

L’homme du 18 juin expire, alors que le prêtre lui administre les derniers sacrements.

Une mort gardée secrète toute la nuit
C’est difficilement concevable cinquante ans plus tard, à l’heure de Twitter et des réseaux sociaux, mais la mort du héros de la Seconde Guerre mondiale va rester secrète toute la nuit.

Seuls ses enfants sont prévenus.

Son successeur, le président Georges Pompidou, n’est lui-même averti qu’à 7 h 20, soit 12 heures après le décès.

Aucun communiqué, aucune annonce officielle. C’est, à 9 h 41, un flash de l’AFP – « de Gaulle décéda » – qui rend publique la mort du général.

Dans la rue, au travail, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre.

Du monde entier, les messages de condoléances affluent.

Une foule se presse à Paris, devant le secrétariat particulier de l’ancien chef de l’État, pour signer le livre de deuil.

« La France est veuve… », déclare à la mi-journée, dans une allocution télévisée, Georges Pompidou.

Un Conseil des ministres extraordinaire décrète un jour de deuil national le jeudi 12, avec messe solennelle de Requiem en la cathédrale Notre-Dame-de-Paris.





« Ni président ni ministres, aucun discours »
Mais les dernières volontés du général de Gaulle, rédigées dès janvier 1952, sont très claires : ses funérailles auront lieu à Colombey, au cours d’une cérémonie « extrêmement simple ».

Et surtout, « je ne veux pas d’obsèques nationales… Ni président ni ministres […] aucun discours », a-t-il exigé.

Contraste entre Paris et Colombey. Le jeudi 12, le monde entier est réuni sous les voûtes de Notre-Dame en l’absence fait unique de l’histoire de la dépouille du défunt : quatre-vingt-six nations représentées, trente-trois souverains et chefs d’État, dont le président américain Richard Nixon, et 6 000 fidèles.

À 250 km de là, à Colombey, il y a aussi la foule mais c’est la sobriété qui domine.

La seule participation officielle est celle de l’armée. Le cercueil en chêne recouvert d’un simple drap tricolore frangé d’or rejoint le cimetière sur un engin blindé de reconnaissance.





Dans le concert de louanges qui accompagne la mort de l’homme du 18 juin, l’hebdomadaire satirique Hara Kiri, journal bête et méchant détonne en titrant : « Bal tragique à Colombey : 1 mort. »

Une allusion à un terrible fait divers survenu quelques jours plus tôt : l’incendie d’un dancing de l’Isère qui a fait 146 morts.

Scandale. L’hebdomadaire est aussitôt censuré par le ministre de l’Intérieur, qui l’interdit à « l’exposition et la vente aux mineurs ».

L’équipe relance aussitôt le journal avec un titre en clin d’œil à Charlie Brown, héros des Peanuts, mais aussi au prénom du général : Charlie Hebdo est né…



Source : ouest-france
Crédit photo : Capture d’écran

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